Vote de confiance : le gouvernement obtient le ''oui'' du Parlement

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Concluant, dimanche tard dans la nuit, trois jours de débats sur les déclarations de programme du nouveau gouvernement, le premier ministre, Costas Caramanlis, a affirmé sa détermination pour "une Grèce qui ose, qui change, qui progresse". Sans surprise, le Parlement lui a accordé sa confiance mais avec les seules 152 voix des députés de la ND (Nea Dimokratia, parti du gouvernement), tandis que les autres 148 députés ont voté contre. L'opposition en a profité pour dire que le gouvernement était... minoritaire, tandis qu'elle a focalisé ses attaques sur la politique étrangère et les projets économiques du gouvernement.

Dans le discours de clôture, le premier ministre souligné que "les déclarations de programme du gouvernement ne sont pas un simple choix, mais une nécessité vitale qui exprime l'ensemble de la société". "Tous les Grecs, quel que soit leur vote, veulent que la Grèce ose, change et progresse. Qu'elle choisisse consciemment le progrès à l'encontre du conservatisme. Nous voulons que la Grèce soit économiquement forte et dispose d'un Etat moderne et efficace".

"Nous voulons une société de cohésion et de solidarité, une société qui devienne plus juste, c'est l'objectif de notre politique, c'est la voie que nous avons choisi. La voie pour une Patrie plus dynamique et plus fière", a-t-il affirmé.

Répondant aux critiques de l'opposition, le premier ministre a déclaré comprendre "que certains veulent oublier qu'ils avaient des responsabilités politiques, qu'ils veulent fuir leur passé gouvernemental et celui de leur parti".

S'agissant de l'intention du gouvernement de procéder à la révision de la loi électorale, M. Caramanlis a observé que "cela a lieu au début des quatre années du mandat gouvernemental, de sorte à établir un environnement politique clair, sans surprise, afin de garantir l'analogie voulue dans la représentation des forces politiques ainsi que la stabilité gouvernementale nécessaire. Une stabilité qui sert les besoins du pays et nous permet de faire face aux enjeux difficiles".

Il a encore réaffirmé qu'il ne compte aucunement participer à des tentatives qui ont pour objectif la polarisation et l'intensification de la tension, soulignant que "pour nous le dialogue n'est pas un prétexte. C'est une participation à la promotion des règlements, et c'est ce défi que je suis résolu à relever et à mettre tout en oeuvre pour que notre pays aille de l'avant".

Enfin, s'agissant de la politique étrangère du gouvernement de la ND, M. Caramanlis a souligné qu'elle s'appuie sur "les fortes conceptions de la paix, de la stabilité, de la coopération internationale", ajoutant "nos positions sur les questions internationales sont connues et celles-ci sont inébranlables. Elles ne peuvent être ni abandonnées ni violées".

Parmi les interventions des ministres qui ont précédé M. Caramanlis sur la tribune, nous avons retenu celle du ministre des Affaires étrangères Dora Bakoyannis laquelle a évoqué en particulier les derniers développements du différend avec de la FYROM sur la question du nom constitutionnel du pays voisin ainsi que la vision européenne de la Grèce.

Mme Bakoyannis, a lancé de la tribune du Parlement dimanche soir un nouveau message à l'adresse de la FYROM pour que « ses dirigeants abandonnent le plus rapidement possible leur position sans issue. »

Rappelant l'incident «Kerim» à l'ONU (le diplomate de la FYROM, Serjan Kerim, qui à trois reprises a cité le président de ce pays, Branko Crvenkovski, en tant que "président de la Macédoine" ), le ministre grec a souligné que ceci a illustré pleinement la justesse des arguments grecs sur la façon selon laquelle les gouvernements de Skopje conçoivent leurs participations dans les organisations internationales ainsi que leur intransigeance. Le ministre des AE a notamment insisté sur le fait que la Grèce a procédé à « toutes les démarches nécessaires », mais « la distance doit être également parcourue par l'autre partie, et elle ne l'a malheureusement pas encore fait », concluant « qu'il n'existe qu'une seule voie pour la marche de la FYROM vers l'OTAN et l'UE, et elle passe exclusivement par une solution mutuellement acceptée. »

En ce qui concerne l'avenir de l'UE, Mme Bakoyannis a souligné que la Grèce a la volonté et les capacités de faire partie du « noyau dur » de l'UE, déclarant que la position nationale est que les partenaires doivent tous continuer de concert, sans qu'aucun pays ne soit à l'écart et précisant « nous sommes, si nécessaire, prêts à soutenir un système de collaborations renforcées, de préférence sans exclusion, entre les membres qui souhaitent aller plus rapidement de l'avant ».

Evoquant enfin la marche européenne de la Turquie, le ministre des AE a rappelé que cette dernière peut et même doit intégrer l'UE, si elle remplit ses obligations. Cependant, tout en en soulignant l'importance pour la normalisation des relations bilatérales, Mme Bakoyannis n'a pas manqué de rappeler qu'il ne peut y avoir normalisation sans solution viable à Chypre.

Après Mme Bakoyannis, ce fut au ministre des Finances Georgios Alogoskoufis d'exposer le volet économique du programme gouvernemental, mettant l'accent sur la seconde phase de l'assainissement budgétaire. Le soutien du nouveau modèle économique et de croissance, le renforcement de la cohésion sociale et la fortification du pays composent cette seconde phase, a affirmé le ministre, pour qui "les conditions à présent sont bien meilleures qu'en 2004".

Dimanche, ce fut également le tour des chefs des partis de l'opposition de donner la réplique au gouvernement, avec le socialiste Georges Papandréou (PASOK) demandant, une nouvelle fois, la répression de la corruption et la nécessité d'une relance de la politique étrangère.

M. Papandréou a affirmé qu'il défendra avec constance la nécessité de l'autonomie de la politique, proposant l'instauration de mécanismes puissants de contrôle et de transparence des marchés publics. Il a mis l'accent sur la nécessité d'informer la Commission compétente du Parlement de tous les programmes d'armement, d'établir un contrôle complet des finances des partis ainsi que de leur financement privé des partis pour qu'il soit limité aux dons des amis et des membres.

Pour M. Papandréou "il n'existe aucun projet [les déclarations de programme du nouveau gouvernement], aucune priorité, ni aucun calendrier pour le pays", pour inviter enfin le premier ministre à préciser "si il compte augmenter la TVA, si l'Etat va tenir ses engagements à l'égard des caisses de sécurité et si il insistera sur le cadre d'aménagement spécial inacceptable pour le tourisme après les récents incendies".

"Le gouvernement de la ND dispose d'une faible majorité parlementaire mais il est minoritaire dans la société. Il est donc de notre devoir d'exprimer une autre voie, de donner une issue programmée, une perspective de victoire et c'est ce que nous ferons", a conclu M. Papandréou.

Pour le parti communiste (KKE), Aleka Papariga, a mis l'accent dans son intervention sur le problème de la sécurité sociale qui, a-t-elle affirmé, "est réel", et elle a qualifié de "prétexte" la question des déficits des caisses de sécurité. La secrétaire générale du KKE a notamment accusé le PASOK ainsi que Synaspismos (coalition de communistes radicaux) d'offrir le plus mauvais service en soutenant que le gouvernement n'a pas procédé à des déclarations de programme. "Le gouvernement, a-t-elle dit, a présenté des propositions concrètes, la déclaration de M. Magginas était très claire sur la sécurité sociale et notre position aussi sur le sujet, les travailleurs ne doivent pas attendre le dialogue, ils doivent se mobiliser maintenant et présenter leurs revendications. Il est nécessaire de développer un combat d'idées".

Quant au président de Synaspismos, Alekos Alavanos, "le gouvernement ne dispose pas d'une légalité démocratique car il est minoritaire", a-t-il affirmé dénonçant des "faux débats" qui n'évoquent pas les problèmes réels. M. Alavanos a également vivement critiqué le ministre des Affaires étrangères à propos du problème de Skopje/FYROM. "Que voulons-nous ? Exercer des pressions sur Skopje, des pressions sur la Turquie ? La tension conduit à la crise et cela signifie qu'il faudra que les armes soient prêtes", a-t-il conclu.

Enfin, dernier à intervenir, le nouvel entrant au Parlement, Georges Karadzaferis, au nom de son parti (LAOS, droite traditionaliste), a invité le gouvernement à prendre des initiatives pour contrer la hausse des prix résultant de la surévaluation de l'euro face au dollar, il a reproché à l'ancien premier ministre, Costas Simitis, d'avoir convaincu les Grecs d'accepter l'adhésion de la Grèce à la zone euro avec pour résultat "une économie [qui] ne peut bouger" et des prix fixés par des multinationales qui vendent les produits trois fois plus cher qu'en France ou en Allemagne. M. Karatzaferis a conclu en proposant que le pays s'équipe systèmes qui détectent les incendies.

i-GR/ANA-MPA

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