À Chypre, la crise sanitaire se mue en crise géopolitique

L'épidémie, contenue sur l'île divisée, a néanmoins ravivé les tensions entre Nicosie et Ankara, au détriment des habitants.

À Nicosie

Une vingtaine de décès, pour moins de 1000 cas: à Chypre, l'épidémie de coronavirus aura rapidement été contenue. Mais sur cette île divisée depuis près d'un demi-siècle, la crise sanitaire a engendré des bouleversements politiques, sociaux et géopolitiques.

Depuis l'invasion du nord du pays par la Turquie en 1974, en réaction à un coup d'État visant à rattacher Chypre à la Grèce, l'île est scindée en deux. Au sud vivent les «Chypriotes-grecs», dont le gouvernement est membre de l'Union européenne. La République turque de Chypre-Nord, où se sont réfugiés les chypriotes turcophones et où vivent aussi des Turcs installés depuis l'invasion, recouvre un tiers de l'île et n'est reconnue en tant qu'État que par la Turquie. Les deux parties sont séparées par une zone-tampon des Nations unies… Mais depuis 2003, les habitants et nombreux touristes de l'île méditerranéenne pouvaient se déplacer d'un côté à l'autre en présentant une pièce d'identité à des checkpoints.

Or, fin février, les

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