La Turquie exposée aux sanctions de Bruxelles. Grèce et Chypre attendent une position commune des '25'

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Les progrès de la Turquie dans le processus d'adhésion, et notamment la réponse de l'UE après le constat du refus de la Turquie d'appliquer le protocole d'extension de l'Union douanière à Chypre, seront au menu de la réunion, ce lundi à Bruxelles, des ministres des Affaires étrangères des 25 pays-membres de l'UE. La distance entre les partisans d'une "compréhension" et ceux qui en ont assez des marchandages turcs n'a jamais été aussi grande. A Athènes, dans une interview accordée à l'édition du Dimanche du quotidien athénien Eleftheros Typos, le ministre grec des Affaires étrangères, Dora Bakoyannis, prévoit de "dures négociations" concernant le dossier de la Turquie voulant toutefois, a-t-elle noté, éviter les sentimentalismes.

L'objectif est un calendrier, le gel de chapitres et le droit de veto au processus d'adhésion, a ajouté le chef de la diplomatie grecque, ajoutant que Athènes et Nicosie ont une bonne coordination et conception mutuelle des questions. Enfin, épargnant le premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, Mme Bakoyannis a estimé qu'il est un interlocuteur crédible.

Le ministre des Affaires étrangères, Dora Bakoyannis, a rencontré samedi le député et coordinateur du PASOK chargé des questions de politique étrangère et de défense, Théodoros Pangalos, avec qui elle a convenu de l'objectif central d'une position unique des "25" lors du Conseil européen, qui devra adresser un message clair à la Turquie de respecter ses obligations afin de maintenir le cap de sa trajectoire européenne.

A l'issue de l'entrevue, Mme Bakoyannis a déclaré avoir informé M. Pangalos des initiatives du ministère au cours de la dernière quinzaine en vue de la réunion "difficile" attendue du Conseil des Affaires générales de l'UE ce lundi, réitérant que l'objectif central de la Grèce et de Chypre est une "position unique de l'UE vis-à-vis de la Turquie".

L'ensemble des partis politiques grecs s'orientent vers cette même position, a ajouté Mme Bakoyannis, mettant en relief la recherche d'un climat de consensus sur ce dossier. "L'objectif de la politique étrangère grecque est d'exprimer l'ensemble des partis et l'ensemble des Grecs. C'est ce que nous nous efforcerons de faire", a-t-elle dit.

De son côté, M. Pangalos a confirmé ce climat de consensus, alors qu'évoquant la proposition turque d'ouvrir un port et un aéroport aux navires et avions chypriotes, il a estimé qu'elle reflète la confusion intérieure existant en Turquie.

Vendredi dernier pourtant, la discussion au niveau des représentants permanents des pays membres (COREPER) n'a pu accoucher d"une conclusion, la confusion qui a suivi la proposition surprise de la Turquie la veille d'ouvrir un de ses ports au commerce avec Chypre en échange de l'ouverture du commerce direct avec le Nord de Chypre occupé par l'armée turque a contribué à raidir les positions des deux camps.

C'est donc aux ministres des Affaires étrangères aujourd'hui, de trouver un accord et éviter que la question turque ne vienne perturber le sommet des chefs d'Etats et e gouvernement au Conseil européen la semaine prochaine. Autour des conclusions de la Commission qui propose le gel de huit chapitres des négociations- un moindre mal, le reste étant une recommandation sévère mais sans conséquences, on trouvera d'un côté, autour de la Grande Bretagne, de l'Italie et de l'Espagne, les partisans d'un assouplissement des mesures proposées par la Commission, voir le refus de sanctions, et de l'autre, ceux comme la France,l'Allemagne et la Grèce, qui estiment que le message de la Commission n'est pas assez sévère. Chypre de son côté, s'aligne à la position d'Athènes, mais se réserve toujours la possibilité de brandir son droit de veto au cas où les soutiens de la Turquie deviendraient trop généraux avec celui qui occupe le tiers du territoire de l'île.

i-GR/ANA-MPA

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