La Turquie dispose d'un délai d'au moins 15 ans pour reconnaître Chypre

molyviatis burns

Les 25 ambassadeurs permanents de l'UE (COREPER) n'ont toujours pas pu se mettre d'accord lundi sur la réponse de Bruxelles à la déclaration d'Ankara portant sur la non reconnaissance de la République de Chypre. Après ce nouvel échec, en coulisses, on a essayé de trouver un accord coûte que coûte pour ne pas arriver avec la question chypriote sous les bras au 3 octobre date d'ouverture des négociations d'adhésion avec la Turquie. Le dernier texte n'exige de la Turquie de reconnaître l'Etat de Chypre qu'au cours des négociations - autant dire, au terme de celles-ci, que chacun admet qu'elles seront longues – et non avant leur ouverture le 3 octobre prochain.

"La contre-déclaration de l'Union Européenne constitue une sorte d'acte de naissance de la reconnaissance de facto de la République chypriote par la Turquie", s'est aussitôt félicité le porte-parole du Ministère des Affaires étrangères, Georges Koumoutsakos, depuis le siège de l'ONU où il accompagne le ministre des AE, Petros Molyviatis, pour la 60e AG de l'ONU. Selon M. Koumoutsakos, "ce texte fait ressortir clairement et impérativement l'obligation de la Turquie d'appliquer entièrement le Protocole d'Union douanière avec la République chypriote en tant qu'Etat-membre de l'UE", alors que "les bases pour la reconnaissance de jure de la République chypriote ont été fermement posées".

Lundi, la séance extraordinaire convoquée par la présidence britannique de l'UE n'avait pas permis de sortir de l'impasse, la délégation chypriote exigeant que, dans cette "contre-déclaration", la reconnaissance de la République chypriote par la Turquie constitue une condition sine qua non de l'issue réussie de ses concertations d'adhésion à l'UE, et que cette reconnaissance doit être indépendante de la reprise des efforts de l'ONU pour un règlement de la question chypriote. Une nouvelle fois, le président de Chypre, Tassos Papadopoulos, a accusé la présidence britannique de ne pas œuvrer dans l'intérêt commun et, au mépris de la convergence des avis majoritaires, de s'affairer à promouvoir les seuls intérêts de la Grande-Bretagne, retardant ainsi la conclusion d'un accord.

Au terme de nombreuses tractations, le COREPER devrait adopter -sauf imprévu- mercredi matin la réponse que doit donner l'UE à la Turquie après la déclaration unilatérale de celle-ci lors de la signature du Protocole d'extension de l'Union douanière aux dix nouveaux Etats-membres de l'UE. La délégation chypriote revenait dans la soirée du mardi avec une dernière demande visant à verrouiller le texte communautaire de sorte que personne ne puisse revenir sur ses termes au cours des négociations pour l'adhésion de la Turquie. Selon la procédure, les 25 Etats-membres recevront dans leurs capitales respectives le texte complet de la contre-déclaration qu'ils approuveront pour informer par la suite la présidence britannique de leur accord.

 

La contre-déclaration de l'UE rejette, en tant qu'unilatérale, la déclaration de la Turquie quant à la non reconnaissance de Chypre tout en soulignant que celle-ci n'a aucune valeur légale alors qu'il est demande a la Turquie d'appliquer pleinement le Protocole d'extension de l'Union douanière aux 10 nouveaux Etats-membres, ce qui signifie que les autorités turques ne pourront élever des obstacles aux moyens de transport chypriotes qui ont des activités commerciales via la Turquie. Il est encore précisé qu'un mécanisme de surveillance et d'estimation des actes de la Turquie sera mis en place, et que si celle-ci ne remplit pas les obligations prévues par le Protocole, cela aura des conséquences sur l'ensemble de la procédure des concertations d'adhésion à l'UE.

Ces bonnes intentions sont diluées dans les lignes générales d'un texte court de sept paragraphes qui ne cite Chypre que pour exprimer "la tristesse que la Turquie ait jugé nécessaire de joindre une déclaration de non reconnaissance de la République de Chypre lors de la signature du Protocole", puis pour rappeler des évidences comme : "Chypre est devenue membre de l'UE le 1er mai", "l'Union Européenne ne reconnaît qu'un seul sujet du droit international [la République de Chypre]". Enfin, que "la reconnaissance de tous les Etats-membres est une composante indispensable de la procédure d'adhésion". Evidences qui si elles étaient ignorées d'un candidat à l'adhésion, devraient amener les examinateurs à s'interroger sur la qualité du candidat ou sur ses véritables intentions. Mais, la Turquie a tellement d'excuses, que l'Europe est disposée à faire l'impasse sur le bon sens qui siée à toute commission consciencieuse.

Réunion du Conseil national de Politique étrangère jeudi 29 septembre

Le Conseil national de Politique étrangère (ESEP) se réunira jeudi 29 septembre sous la présidence du ministre des Affaires étrangères, Petros Molyviatis, a annoncé lundi le ministère des Affaires étrangères.

Le Conseil a inscrit à son ordre du jour les affaires européennes, l'ouverture des négociations d'adhésion de la Turquie à l'UE, la situation dans les Balkans, y compris l'appellation de la FYROM. Les dirigeants des partis de l'opposition seront informés enfin des travaux de la 60e AG de l'ONU, et certainement des positions grecques qui seront défendues à Bruxelles lors du Conseil européen du 3 octobre, date d'ouverture des négociations d'adhésion de la Turquie.

M. Molyviatis a eu des multiples rencontres la semaine dernière en marge de l'Assemblée générale de l'ONU. Outre le représentant du Secrétaire général des Nations unies, charge de l'appellation de la FYROM, Matthew Nimitz, et un bref tête-à-tête avec le ministre turc des Affaires étrangères, M. Gül, dans les bureaux de la représentation permanente de la Turquie aux Nations unies, le ministre grec a eu un entretien avec la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice et le sous-secrétaire d'Etat américain M. Burns.

i-GR/ANA

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