« En Grèce, les créanciers fabriquent la désunion européenne », par le frondeur Emmanuel Maurel

Lundi dernier, la Grèce acceptait l'objectif de solde budgétaire qui lui était proposé par les créanciers, avec de nombreuses propositions de relèvement et d'amélioration de la fiscalité, et l'allongement de la retraite de 62 à 67 ans.

Lundi dernier, la Grèce acceptait l'objectif de solde budgétaire qui lui était proposé par les créanciers, avec de nombreuses propositions de relèvement et d'amélioration de la fiscalité, et l'allongement de la retraite de 62 à 67 ans.

L'accélération des événements et l'incertitude sur l'avenir de la Grèce ne doivent pas occulter que les créanciers, pendant près de quatre années, ont eu les mains libres en Grèce à travers la tutelle qu'exerçait la « troïka » [Commission de Bruxelles, Banque centrale européenne et Fonds monétaire international] de facto sur toutes les réformes, entre 2011 et 2014.

Le bilan des mesures imposées à la Grèce est catastrophique sur tous les plans : loin de maîtriser la dette grecque, elles l'ont fait exploser ; loin de renouer avec la croissance, elles ont amputé le produit intérieur brut (PIB) du pays de près de 25 % ; enfin, loin de reconstruire des capacités administratives fortes, elles ont déstructuré les administrations sans s'attaquer clairement à la levée de l'impôt.

La pauvreté en Grèce n'est pas une donnée intrinsèque : l'austérité a fait continuellement augmenter le nombre de personnes concernées, qui sont aujourd'hui plus de 3 millions (sur une population de 11 millions d'habitants) à être sous le seuil de pauvreté.

Humiliation

L'actuel gouvernement grec, qui a hérité cette situation de crise économique, sociale et humanitaire sans...

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