Le Parlement grec accorde la confiance au gouvernement Papandreou

papandreou

Après la présentation vendredi dernier des grandes lignes de la politique générale par le premier ministre, Georges Papandréou, vainqueur des élections législatives du 4 octobre, les ministres du nouveau gouvernement grec ont continué à défiler dimanche soir à minuit sur la tribune du parlement qui au terme de trois jours de débats sur le programme de gouvernement a voté la confiance au gouvernement par 160 voix pour et 140 voix contre sur un total de 300 députés.

Le ministre des Finances, Georges Papaconstantinou, a assuré que les "bons comptes" seront le sceau du nouveau gouvernement pour regagner la confiance perdue en matière de finances publiques, surtout au plan international, rappelant que s'ouvre à Bruxelles une dure négociation où la Grèce se présentera non pas pour se justifier, non pas pour demander seulement une prorogation du délai pour réduire le déficit public, mais pour exposer notre plan de relance économique, de remise en ordre des finances publiques et de la nouvelle marche de développement du pays.

Rappelant que les citoyens ont dit clairement aux dernières législatives "qui est le fautif", M. Papaconstantinou a fait le point de la situation héritée du gouvernement de la ND afin que chacun sache de quel point de départ nous démarrons, faisant état de l'effondrement total des recettes - 50 milliards au lieu des 65 milliards et plus escomptés -, mais également de l'explosion tout aussi injustifiée des dépenses - de 75 à 80 milliards -, le déficit public dérapant des 5 milliards à finalement 30 milliards.

Très attendue également pour ses déclarations était le ministre de la Culture et du Tourisme M. Geroulanos qui prend en charge la fusion des deux ministères.

"L'union de la culture, des sports et du tourisme doit servir un programme ambitieux pour remettre en valeur notre identité et l'exceptionnalité de notre patrimoine historique", a déclaré le ministre de la Culture et du Tourisme, Pavlos Geroulanos, lors du débat parlementaire samedi sur le programme de gouvernement.

Comme premier objectif, le nouveau ministre s'est référé à la qualité de la vie dans toutes les régions de Grèce, avec la promotion de tous les avantages comparatifs, la mise en valeur des musées et de tous les monuments, des habitats traditionnels et coutumes, de l'art moderne et des richesses naturelles.

M. Geroulanos s'est engagé en outre à poursuivre à réaliser le rêve de Mélina Mercouri pour la restitution des Frises du Parthénon à la Grèce, à réaménager en unifiant les sites archéologiques partout en Grèce, à l'instar de ce qui a déjà été fait à Athènes, et à introduire des critères architecturaux dans les travaux publics.

De manière générale, le ministre a mis l'accent sur une gestion des finances qu'il veut transparente, au plan notamment des sponsorings des fédérations de sports, et sur la publication sur Internet des projets subventionnés.

Enfin, au plan des ressources humaines, M. Geroulanos a jugé inadmissible que 50% des employés au ministère soient sous contrat de "stages", s'engageant à des recrutements via le Conseil suprême de recrutement du personnel (ASEP) et à dénoncer tout phénomène de bureaucratie, de mauvaise gestion et de superposition de compétences.

Vénizélos annonce une réduction drastique des dépenses d'armement

Réduction drastique des dépenses, suppression des interviews pour les concours d'entrée dans l'Armée de terre, l'Armée de l'air et la Marine nationale, un service militaire de 9 mois et pleine transparence dans la gestion financière, telles sont les décisions du nouveau ministre de la Défense, Evanghelos Vénizélos, qui s'est adressé dimanche au Parlement peu avant le vote de confiance au gouvernement.

Sur la protection de l'intérêt national, nous resterons fermes, a déclaré en introduction le ministre, ajoutant "souhaiter éviter des tensions dans la région et respecter les mesures de confiance existantes, mais en même temps rejetant toute violation du droit international, qui comprend la forme d'une menace de guerre voire de recours à la violence".

M. Vénizélos a assuré qu'il y aura "une mise en valeur du rapport de forces régional et international afin qu'il en résulte des résultats tangibles en faveur de nos intérêts nationaux", et déclaré que "la Grèce a pleinement conscience de l'importance des relations gréco-américaines dans le domaine de la sécurité et de la défense", parlant aussi en faveur d'un nouveau dogme stratégique et de nouvelle structure de commandement de l'OTAN.

Par la suite, le ministre a estimé extrêmement élevé le coût financier que la Grèce donne pour des raisons de sécurité et de défense, soulignant la nécessité par conséquent de réduire les dépenses et le gaspillage, alors qu'en référence au programme de fournitures, M. Vénizélos a critiqué la gestion de ce dossier par le précédent gouvernement et mis en avant l'impératif de la transparence.

C'est en ce sens que le ministre a informé que toutes les phases de la procédure d'achat de fournitures d'armement seraient sous le contrôle de la commission parlementaire permanente des Affaires étrangères.

Des autres ministres, on retiendra que la ministre de la Santé, Mariliza Xenogiannakopoulou, qui développant les dix grandes innovations et priorités du gouvernement pour un Système national de santé (ESY) public, a conclu sur une note essentiellement politique : "La différence fondamentale du nouveau gouvernement avec le précédent, c'est qu'il existe aujourd'hui une volonté politique forte", a assuré Mme Xenogiannakopoulou, inistant que l'orientation fondamentale de ce grand effort sera de placer "le citoyen d'abord".

La participation du citoyen pour la réussite de son programme a réquis également la ministre de l'Environnement, de l'Energie et du Changement climatique, Tina Birbili, laquelle a longuement détaillé son programme de développement vert qui, a-t-elle souligné, "implique pour réussir une philosophie au-delà des politiques partisanes, une large alliance de tous les citoyens".

De son côté, le ministre de la Protection du Citoyen, Michalis Chryssochoïdis, a souligné que la Grèce est confrontée à une nouvelle réalité au niveau de la sécurité, relevant "une atmosphère d'anomie qui génère un sentiment d'insécurité chez les citoyens et des dénonciations d'absence de l'Etat", un état de fait qui met la pression pour l'adoption d'urgence de mesures qui, toutefois, peuvent s'avérer dans certains cas aux dépens des droits individuels.

"Nous voulons une police amicale avec le citoyen, mais à la fois efficace", a tranché le ministre, annonçant en outre la suppression dans le courant de 2010 de la Police rurale et l'absorption de ses membres dans d'autres services, tout comme la fondation d'un QG du Corps portuaire.

Enfin, un changement de gouvernement en Grèce ne va pas sans un remaniement du code électoral. C'est au ministre de l'Intérieur, de la Décentralisation et de la Gouvernance électronique, Yannis Ragoussis, qui revenait la tâche d'annoncer une nouvelle loi électorale qui sera une adaptation aux réalités grecques du dit modèle allemand, explicitant encore que le gouvernement recherchera le consensus le plus large possible de toutes les forces politiques afin que les élections de 2013 se déroulent avec le nouveau système.

Pour les médias, le ministre a indiqué que l'objectif visé sera de régler définitivement et clairement les relations de la politique avec le pouvoir médiatique, et annoncé la délivrance des licences aux chaînes de télévision et de radio pour émettre numériquement, avec toutefois l'obligation simultanée des chaînes, qui émettent déjà et obtiendront une licence, de continuer à assurer une émission analogique jusqu'à son entière suppression (en 2012).

Concernant le dit 2e degré des autorités locales (préfectures), M. Ragoussis a annoncé qu'il se composera dorénavant des autorités régionales élues, avec un chef de région élu et un conseil régional élu, alors que les préfectures fonctionneront désormais comme des entités administratives de chacune des régions. Enfin, il est créé des instances métropolitaines "cruciales" pour l'avenir de l'Attique et de Thessalonique.

Par ailleurs, M. Ragoussis a annoncé la suppression du seuil des 42% des suffrages pour qu'une liste soit élue dès le premier tour des élections municipales et régionales, ainsi que l'instauration du "droit de participation aux élections pour les autorités locales de la 2e génération d'immigrés et des immigrés en possession d'un permis de résidence de longue durée et qui ont complété cinq ans" en Grèce.

i-GR/ANA-MPA

Total de votes : 0

Ajouter un commentaire