La gauche grecque divisée sur le traité de Lisbonne

papandreou lisbonne

Alors qu'il ne fait aucun doute que la Vouli, le Parlement de la Grèce, ratifiera cette nuit le Traité de Lisbonne, la gauche arrive divisée pour le débat préalable, notamment le Parti socialiste (PASOK) où les modernisateurs de l'ancien premier ministre Costas Simitis n'ont pas réussi à convaincre le président de leur parti, Yorgos Papandreou, à ne pas demander la tenue d'un référendum.

M. Simitis, dans une lettre mercredi au président du parti, Georgios Papandréou, exprime son opposition à un référendum sur le Traité de Lisbonne, jugeant d'une part cette pratique contraire aux principes des précédents gouvernements, et d'autre part risquant d'affaiblir la position de la Grèce au sein de l'UE.

Mardi soir, lors d'un débat en commission parlementaire ad hoc, les députés du PASOK, MM. Beglitis et Loverdos, avaient soutenu la proposition d'un référendum sur le Traité.

Mercredi dans la soirée, M. Papandreou devait prendra la parole dans l'hémicycle sur la question de la ratification du Traité de Lisbonne. M. Papandreou a fait connaître son mécontentement pour la publication de la lettre de M. Simitis, par le biais d'un porte-parole du parti lequel a répondu que si le PASOK défendait la tenue d'un référendum ce n'était pas par opposition au traité mais… au contraire pour que "le Traité ait la plus grande légalité possible". La position de M. Simitis était jugée incompréhensible puisque "lui-même avait signé en 2005 une proposition du parti pour la tenue d'un référendum".

Sans surprise la gauche communiste, tout comme la droite traditionaliste, s'est positionné contre le Traité de Lisbonne et demande aussi la tenue d'un référendum.

"La tentative de l'UE d'accélérer la course de la concurrence de sorte qu'elle devienne la seconde force mondiale, le second gendarme mondial", croit discerner le KKE (communiste) derrière le Traité de Lisbonne auquel il est opposé, a réaffirmé le SG du parti, Aleka Papariga dans son intervention au Parlement tout en insistant sur l'organisation d'un référendum.

C'est par la phrase "Osez le référendum si vous n'avez pas peur !" que le président du groupe parlementaire de synaspismos, Alecos Alavanos, a accusé le gouvernement de manquer de démocratie et le PASOK de faire alliance avec le gouvernement, puisqu'il vote en faveur du Traité de Lisbonne au moment où les dirigeants socio-démocrates "tirent la sonnette d'alarme".

M. Alavanos a encore fait remarquer que le débat sur le Traité de Lisbonne se passe "sans discussion sociale, sans participation démocratique", et qu'il s'agit d'"une procédure qui se moque du peuple", tout en saluant le mouvement des citoyens qui sont réunis aux portes du Parlement pour revendiquer une Europe avec la participation de la société et non en son absence.

Enfin, le président du LAOS, Georges Karadzaferis, a estimé que le Traité de Lisbonne "est la plus grande arnaque à l'encontre des peuples de l'Europe", dans son discours mercredi au Parlement, ajoutant que la ratification du Traité signifiera "une déviation constitutionnelle" puisque l'article 26 de la Constitution (sur l'exercice des pouvoirs de l'Etat) ne sera pas en vigueur, "ce dont le peuple n'est pas informé puisque les concertations concernant le Traité ont eu lieu secrètement et que ses 300 pages sont complétées par 3.000 autres pages comportant des renvois et ajouts afin d'être comprises par les peuples", a-t-il conclu.

i-GR/ANA-MPA

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