Le Président de Chypre en visite à Athènes fait le point sur ses entretiens de Paris avec Kofi Annan

caramanlis papadop

Le premier ministre, Costas Caramanlis, en recevant mercredi le président de la République chypriote, Tassos Papadopoulos, a qualifié "d'évolution positive" la reprise des efforts de recherche d'une solution à la question chypriote, après la rencontre récente à Paris du SG de l'ONU, Kofi Annan, avec le chef de l'Etat chypriote. Le premier ministre a recommandé la prudence parce que "nous ne pouvons nous offrir le luxe d'un nouvel échec", a-t-il dit. Pour sa part, M. Papadopoulos s'est également entretenu avec les chefs des partis politiques ainsi qu'avec le président de la République, Carolos Papoulias.

M. Caramanlis a déclaré, à l'issue de cette entrevue, que cette recherche doit se faire prudemment et sur la base d'un processus bien préparé, sans calendrier et arbitrage asphyxiants, de sorte à aboutir à "une solution juste et viable, sur la base des résolutions et des votes de l'ONU, mais aussi de la nouvelle réalité européenne".

Le premier ministre a ensuite qualifié de positives les décisions prises récemment au niveau européen en ce qui concerne le régime des aides économiques aux Turco-chypriotes, soulignant que la proposition de la présidence autrichienne inclut les éléments intéressant particulièrement Chypre, tout en informant la presse d'avoir discuté avec M. Papadopoulos des obligations de la Turquie, "parfaitement claires" selon lui, envers l'UE et faisant remarquer que l'UE attend d'Ankara qu'elle les applique.

De son côté, M. Papadopoulos a remercié encore une fois M. Caramanlis pour le soutien de la Grèce quant à la recherche d'une solution viable et pour ses actions à l'ONU et dans le cadre de l'UE. A une question de presse sur la stratégie de la partie turco-chypriote concernant la mise en application du Protocole d'accord douanier UE-Ankara élargi aux 10 nouveaux Etats-membres, le président chypriote a renvoyé aux décisions de l'UE soulignant qu'en 2006 un rapport de la Commission ferait référence aux progrès réalisés en Turquie.

Enfin, commentant les déclarations du Département d'Etat sur le commerce direct entre les Etats-Unis et les territoires occupés, M. Papadopoulos a jugé "une erreur le fait de croire que la réunification de Chypre se fera par le commerce direct avec les Turco-chypriotes".

Le ministre des AE, Dora Bakoyannis, le secrétaire d'Etat aux AE, Yannis Valinakis et le ministre d'Etat et porte-parole du gouvernement, Theodoros Roussopoulos, assistaient à l'entretien.

Le premier ministre a ensuite donné un déjeuner en l'honneur du président de la République chypriote.

M. Papadopoulos avait également été reçu dans la matinée par le président de la République, Carolos Papoulias.

 

Le président Papadopoulos s'entretient avec les chefs des partis politiques

La reprise des efforts pour le règlement de la question chypriote étaient au centre de l'entretien du président de la République chypriote, Tassos Papadopoulos avec le président du PASOK, Georges Papandréou. "Nous avons discuté des derniers développements dans la question chypriote et plus particulièrement de la reprise des efforts pour l'obtention d'un règlement, notamment après la rencontre de M. Papadopoulos à Paris avec le SG de l'ONU, Kofi Annan", a souligné M. Papandréou ajoutant avoir également discuté de la question de Famagouste.

"Après l'adhésion de Chypre à l'UE, une nouvelle dynamique a été mise en place qui reste à être valorisée par toutes les parties", a affirmé M. Papandréou tout en mettant l'accent sur "les obligations de la Turquie et la perspective, pour les Turco-chypriotes, de se retrouver au sein de la même famille et ceci très prochainement".

De son côté, le SG du KKE, Aleka Papariga a estimé que "nul ne peut savoir ce que le SG de l'ONU ou les forces dirigeantes de l'UE ont en tête, mais ce qui est important c'est que deux ans après le referendum, le droit des Chypriotes-grecs à refuser un plan qui les conduirait avec une précision mathématique à la division de l'île, a gagné du terrain en Grèce, à Chypre et au niveau international. "L'important est de revendiquer aujourd'hui le règlement du problème chypriote sur la base des résolutions de l'ONU qui prévoient une fédération bizonale, bicommunautaire, sans forces armées étrangères, sans forces d'occupation ni d'arbitrage international", a-t-elle conclu.

Le président de Synaspismos, Alekos Alavanos, a estimé pour sa part que la partie chypriote a effectué nombre d'actions positives en ce qui concerne les concertations pour le règlement du problème dans le cadre de l'ONU en valorisant l'acquis communautaire, les questions relatives aux règlement de l'UE, y compris au niveau politique avec l'annulation des propositions Gül (le ministre turc des Affaires étrangères, ndlr).

Total de votes : 0

Ajouter un commentaire