La France dans l'embarras de la question turque

L'Assemblée Nationale à Paris

Le Parlement français va enfin pouvoir débattre sur la question de l'adhésion de la Turquie dans l'Union Européenne. Les experts de la Commission ont recouru à la langue de bois pour présenter le rapport la semaine dernière : oui à l'ouverture des discussions avec la Turquie, mais l'UE pourra faire marche arrière (ce qui ne s'est jamais vu !) ; l'annonce d'un débat, jeudi, – sans vote – à l'Assemblée Nationale, met la majorité comme l'opposition dans l'embarras, tant la question divise à droite et à gauche. Les députés auront 3 heures pour régler une question qui dure depuis 10 ans et qui devrait encore durer une bonne dizaine.

Le Premier ministre français, Jean-Pierre Raffarin devrait ouvrir à 15h00. Un exercice d'emblée difficile, car il faudra à la fois préserver le Président Jacques Chirac, plutôt favorable à l'adhésion bien qu'avec des sérieuses réserves, et maintenir la cohérence de la majorité : à l'UMP le "non" domine tandis que l'UDF est farouchement opposée et risque d'être d'autant plus critique que son président François Bayrou n'a pas obtenu un débat avec vote qu'il réclamait.

C'est Edouard Balladur, en tant que président de la Commission des Affaires étrangères qui est prévu de prendre la parole après le Premier Ministre. Descendant d'une famille de banquiers de l'Empire ottoman, il devrait se sentir plutôt à l'aise pour défendre les intérêts de la Turquie (pardon, de la… France, ndlr). Ensuite, le groupe parlementaire de l'UMP disposera d'une heure au cours de laquelle plusieurs ténors devraient se faire entendre.

Le Parti socialiste ne devrait pas être plus à l'aise dans les 45 minutes qu'il dispose. Dans les semaines qui ont précédé, la question Turque était devenu le principal sujet d'opposition entre son président François Hollande (pour) et son rival et ancien Premier Ministre Laurent Fabius (opposé). L'absence de vote arrange ainsi Hollande qui n'aura pas à afficher la division de son parti, ce qui n'a pas empêché Fabius de s'étonner de l'absence de ce vote !

Finalement, la position de la Commission européenne c'est ce qui permettra à tout le monde de tirer sa couverture à soi : discutons aujourd'hui et léguons la décision finale aux générations futures, dans une vingtaine d'années… si elles souhaitent revenir en arrière, il sera toujours… temps.

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