Grèce et Chypre se mobilisent pour relancer le processus de réunification de Chypre sur des bases plus saines

Après le NON des Chypriotes grecs lors du référendum samedi dernier et l'échec consécutif de l'ONU d'imposer à Chypre le plan Annan, la diplomatie grecque et chypriote reprennent de l'initiative afin d'éviter l'isolement et de dissiper les mauvaises impressions laissées sur la scène internationale. Première étape aujourd'hui avec le Conseil des Affaires générales de l'Union Européenne.


L'objectif est de faire comprendre les raisons du refus de la communauté grecque aux partenaires européens et de relancer les pourparlers pour une solution acceptable. Les déclarations de tous les leaders politiques en Grèce et à Chypre vont dans ce sens. Seule la Turquie s'impatiente à traduire le vote positif de la communauté turcochypriote en monnaie sonnante et à voir ouvrir le tiroir-caisse de l'Union Européenne et de l'ONU.

Le ministre des Affaires étrangères, Petros Molyviatis, s'est déjà entretenu dimanche à Luxembourg avec le président du Conseil de l'Union Européenne, son homologue irlandais, Brian Cowen, en vue du Conseil des Affaires générales de l'UE lundi et mardi.

M. Molyviatis aura également lundi matin des entrevues successives avec le commissaire européen à l'Elargissement, Guenter Verheugen, et le commissaire européen aux Relations extérieures, Chris Patten.

Samedi matin, M. Molyviatis avait aussi eu un entretien téléphonique avec son homologue allemand, Joschka Fischer, précédé d'un premier contact avec son homologue chypriote, Georges Iacovou.

La veille au soir, et toujours en vue du Conseil des Affaires générales de l'UE, le secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères, Ioannis Valinakis, s'était entretenu avec le chef de la diplomatie française, Michel Barnier.

Athènes oeuvrera pour que reste ouvert le processus de recherche d'une solution définitive à Chypre

Le gouvernement grec oeuvrera pour que reste ouvert le processus de recherche d'une solution définitive à la question chypriote, a affirmé le porte-parole du gouvernement, Theodore Roussopoulos, dans un commentaire samedi soir à Athènes peu après l'annonce des résultats des referendums séparés à Chypre, où les deux communautés étaient appelées à se prononcer sur le plan du SG de l'ONU, Kofi Annan, concernant la réunification de l'île.

M. Roussopoulos a souligné qu'il faudra poursuivre l'effort de rapprochement entre Greco-chypriotes et Turco-chypriotes, "dans l'intérêt de tous", en cette nouvelle période pour Chypre qui s'ouvre à partir du 1er mai avec son adhésion à l'Union Européenne.

''Après Lucerne (ou ont eu lieu les dernières négociations intercommunautaires chypriotes sous l'égide de l'ONU) et en vue du referendum de samedi, toutes les forces politiques à Chypre et en Grèce ont pris position sur le plan du Secrétaire Général des Nations unies. Le peuple chypriote a pris aujourd'hui ses décisions. Et ces décisions, bien sûr, nous les respecterons tous.

Dans peu de jours s'ouvre une nouvelle période. Chypre adhère, formellement aussi, à l'UE et entame sa marche européenne, en tant que membre à part entière. Dans le cadre de l'UE, il sera de l'intérêt de tous de poursuivre l'effort de rapprochement des Chypriotes grecs avec les Chypriotes turcs.

Le gouvernement grec réitère aujourd'hui que la Grèce continuera à se tenir là où elle a toujours été. Au côtés de Chypre, en offrant soutien et assistance. En coopération avec le gouvernement chypriote, nous ferons face aux nouvelles données. Nous oeuvrerons pour que reste ouvert le processus de recherche d'une solution définitive au problème politique de Chypre'', a affirme M. Roussopoulos.

Meïmarakis (Nea Dimokratia) : Coopération, dialogue et confiance

Le secretaire du Comité Central de Nea Dimokratia (ND), Vanghelis Meimarakis, a mis l'accent sur la nécessité d'une coopération sincère, d'un dialogue et d'une confiance entre toutes les parties impliquées dans le dossier chypriote en vue d'atteindre l'objectif recherché, dans des declarations dimanche peu avant son depart pour Strasbourg, ou il doit assister a l'assemblee parlementaire du Conseil de l'Europe.

''Grâce à son attitude responsable, le gouvernement grec protège et renforce le consensus national et la concorde qui sont nécessaires en ces heures-ci et qui ont aménagé les conditions d'une gestion (de ce dossier) bénéfique à l'intérêt national au jour J 1 (...) Il faut par conséquent une coopération sincère, un dialogue et une confiance, tant avec la communauté internationale qu'avec les forces politiques grecques et chypriotes pour réaliser nos objectifs'', a-t-il affirmé.

Papandreou (PASOK) - Réaffirmation du soutien à l'hellénisme chypriote

Le président du PASOK, Georges Papandreou, a affirmé que les résultats des referendums à Chypre créent de nouvelles données historiques. Dans des déclarations samedi soir, il a réaffirmé la solidarité du PASOK à l'hellénisme chypriote et assuré que ''le vote des Chypriotes grecs sera respecte''.

M. Papandreou a insisté qu'il faudra procéder à une évaluation immédiate des résultats des referendums afin de tracer les prochaines étapes et initiatives pour le règlement de la question chypriote, en la maintenant au cœur de la politique étrangère grecque et en restant ferme sur la solution d'une fédération bi-zonale, bi-communautaire.

M. Papandreou a appelé la communauté internationale, tout comme les partenaires européens de la Grèce au sein de l'UE, à ne pas se hâter d'interpréter les résultats du vote comme un rejet de l'aspiration de réunification de Chypre.

''Aucun Grec ne peut accepter que la question chypriote soit close aujourd'hui. Je pense que la question chypriote peut être réglée. Mettre fin à l'occupation. Réunifier Chypre au sein d'une fédération bi-zonale, bi-communautaire dans le cadre des décisions de l'ONU et de l'UE, comme nous l'avons dit tout haut en Grèce et à Chypre au cours des trois dernières décennies'', a dit M. Papandreou.

Parti communiste : le rejet du plan Annan constitue un atout en vue des concertations à venir

Le rejet du plan Annan par les Greco-chypriotes constitue un atout pour les concertations qui suivront à l'avenir en vue d'un règlement de la question chypriote, a affirmé samedi soir au nom du KKE (parti politique), le membre du Bureau politique, Orestis Kolozof, qui a insisté sur le fait que la solution à apporter devra être vraiment celle d'une fédération bi-zonale, bi-communautaire.

''Le peuple chypriote, a une majorité écrasante en faveur du 'Non', a rejeté le plan Kofi Annan. Ce 'Non' fort est un atout puissant pour les Chypriotes lors des concertations qui suivront pour la recherche d'une solution inscrite dans le cadre d'une fédération bi-zonale, bi-communautaire. Une Chypre démilitarisée, sans bases étrangères, ni puissances garantes.

Le KKE continuera a se tenir au cote du peuple chypriote, Greco-chypriotes et Turco-chypriotes, dans sa lutte pour repousser les ingérences étrangères et ouvrir la voie à une solution juste pour tous les citoyens de l'île'', a affirmé M. Kolozof.

Constantopoulos (Synaspismos) appelle Athènes et Nicosie à entreprendre de nouvelles initiatives dès lundi

Le président de la Coalition de la gauche radicale (Synaspismos), Nicos Constantopoulos, a appelé Athènes et Nicosie à entreprendre dès lundi de nouvelles initiatives en vue du règlement de la question chypriote.

''Une nouvelle période s'ouvre dans le problème chypriote'', a affirmé M. Constantopoulos samedi soir, avertissant qu'il ne faut en aucun cas interrompre la dynamique qui s'est créée pour un règlement à Chypre, fondé sur les caractéristiques d'une fédération bi-communautaire, bi-zonale, en tant qu'Etat unifié.

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