Reprise du dialogue sur la question chypriote à l'ONU

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Le Secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, a écrit hier aux dirigeants chypriotes grecs et turcs pour les inviter à New York, le 10 février prochain, à une reprise des négociations sur la base de son plan, indique une déclaration communiquée par son porte-parole. Ces nouveaux développements ont fait l'objet d'une évaluation vendredi matin au cours d'une réunion de travail présidée par le Premier ministre, Costas Simitis, avec la participation du ministre adjoint des Affaires étrangères, Tassos Yannitsis.

M. Yannitsis a pris part à cette réunion en sa qualité de remplaçant du ministre des Affaires Etrangères, Georges Papandreou, après l'élection de ce dernier à la présidence du PASOK.

Le gouvernement réaffirme la volonté d'Athènes et de Nicosie de reprendre les négociations pour un règlement de la question chypriote sur la base du plan Annan. Des décisions seront prises dans ce cadre lundi au cours de la rencontre de travail au Palais Maximou du Premier ministre, Costas Simitis, avec le président de la République chypriote, Tassos Papadopoulos.

M. Papadopoulos présidera ce samedi la réunion convoqué sur ce sujet du Conseil National, réunissant les chefs des partis politiques de l'île, mais le porte -parole du gouvernement chypriote s'est refusé à tout commentaire.

Le Saint Synode de l'Eglise de Chypre dans un communiqué se dit convaincu que le Président chypriote saura défendre une solution juste dans les négociations mais en même temps s'inquiète que les pressions croissantes pour un accord à tout prix ne produisent l'effet inverse.

De son côté le leader de la communauté turco-chypriote et "Président" de l'autoproclamée République turque de Chypre du Nord, Raouf Denktash, s'est rendu vendredi à Ankara pour consultations auprès de ses parrains turcs.

L'objectif affiché des Nations Unis dans ces négociations est de soumettre à référendum un texte finalisé en avril 2004, à temps pour qu'une Chypre unifiée rejoigne l'Union européenne le 1er mai 2004, poursuit la déclaration.

Le Secrétaire général a également écrit aux Premiers Ministres de la Grèce, de la Turquie et du Royaume-Uni en leur demandant de prévoir une représentation à New York à cette occasion.

Ce sont les récents contacts du Secrétaire général sur la question chypriote, pendant son voyage en Europe et par la suite, qui l'ont encouragé à prendre cette initiative, précise la déclaration. Toutefois, il est à considérer que les récent réchauffement des relations turco-américaines à l'occasion du voyage du Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan aux Etats-Unis ait été décisif dans l'initiative du Secrétaire Général de l'ONU. C'est ainsi qu'après la rencontre le Premier Ministre turc a exprimé le 26 janvier dernier au Secrétaire général de l'ONU "le vif désir" de son gouvernement de voir les Chypriotes turcs reprendre leurs discussions avec les Chypriotes grecs dans l'optique de régler les questions en suspens d'ici au 1er mai. MM Annan et Ergodan s'étaient par ailleurs rencontrés en marge du Forum économique de Davos.

La date du 1er mai coïncide avec l'entrée officielle des 10 nouveaux pays, dont Chypre, à l'Union Européenne, conséquemment à la signature du Traité d'élargissement par les chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE l'année dernière aux pieds de l'Acropole. La Turquie craint qu'après le 1er mai elle ne perde le moyen d'échange "paix à Chypre contre sa propre adhésion à l'Union Européenne". Il est aussi caractéristique l'Union Européenne ait annoncé qu'elle aura sa propre délégation à la réunion du 10 février à l'ONU conduite par Günter Verheugen, le commissaire chargé de l'élargissement.

Mais alors qu'à l'Union Européenne on se félicite de la flexibilité affichée sur la question chypriote par la Turquie, estimant que c'est un pas important dans la réunion des critères politiques "de Copenhague" exigés par la Turquie, le Premier ministre turc, intervenant hier à la première chaîne de la télévision de son pays, affirmait qu'il n'y aurait aucune avancée dans les négociations si elles ne tendaient pas vers un renforcement de la bi-zonalité et de la double souveraineté à Chypre.

Dans sa lettre, le Secrétaire général a lancé un appel aux dirigeants pour qu'ils mobilisent la volonté nécessaire pour parvenir à un résultat dans le court laps de temps disponible. Il a également explicité ce qu'il était nécessaire de faire pour en arriver là. Mais le Secrétaire Général de l'ONU n'a pas plus d'idées que par le passé pour sortir de l'impasse en proposant à nouveau un calendrier serré et un référendum intercommunautaire sous l'égide de l'ONU tenu avant le 1er mai.

Il est à noter que le plan de paix présenté par le Secrétaire général il y a un an dans un effort pour régler le problème avant la signature du traité d'accession à l'Union européenne en avril, n'a pas réussi à susciter un accord.

Dans ses réponses aux journalistes, Kofi Annan indiquait mercredi matin que la date de reprise des pourparlers allait être fixée incessamment, faisant remarquer qu'il "ne nous restait plus beaucoup de temps."

i-GR/ANA/CNA/UNPS

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