Jacqueline de Romilly: une continuité entre le grec ancien et le grec moderne.

Le Centre de la Langue Grecque a organisé samedi dernier, 2 février, un débat sur La langue grecque et son histoire dans le cadre du Salon Expolangues qui avait lieu à Paris du 30/1 au 2/2. Le débat animé par le professeur Hristidis de l'Université Aristote de Thessalonique a réuni plusieurs spécialistes européens de la langue grecque, dont Jacqueline de Romilly et Claude Brixhe (France), A. Christol (Belgique), Antonio Lopez Eire (Espagne), etc.

Dans son introduction M. Hristidis a rappelé que le choix du thème de l'histoire grec pour le débat coïncide avec l'édition par le Centre de la Langue Grecque d'un ouvrage couvrant l'histoire de la langue grecque depuis la plus haute antiquité jusqu'à nos jours ainsi que du premier volume du dictionnaire de Kriaras sur le grec médiéval où prend forme la démotiki, le grec officiel d'aujourd'hui.

Intervenant par la suite, Mme de Romilly a souligné l'unité qui existe entre le grec ancien et le grec modern. La langue grecque, a dit l'académicienne française, contient une richesse expressive unique, une transparence et une facilité de création de nouveaux mots qu'il est difficile de rendre dans les traductions en préservant le sens. Enfin, Mme Romilly a rappelé son combat pour le maintien de l'enseignement du grec dans les écoles en France.

Le débat s'est poursuivi avec le professeur Claude Brixhe de l'Université de Nancy (France) qui a présenté les recherches de son équipe sur les dialectes du grec ancien d'où il ressort que le grec est une langue vivante qui évolue avec des interactions continues entre le passé et le présent. De son côté, A. Christol de l'Université de Louvain (Belgique) a transporté l'auditoire en Asie profonde et jusqu'en Afghanistan où se situe le terrain de ses recherches, c'est à dire l'influence du grec sur les traces de l'expédition d'Alexandre le Grand.

La grande tradition de l'enseignement du grec à l'Université de Salamanca, Espagne, où le grec est enseigné depuis le 16e siècle, a été rappelée par A. Lopez Eire tandis que Henri Tonnet (Inalco, France) a présenté les travaux de son Institut sur la chronologie de la création de nouveaux mots dans la littérature moderne durant les deux derniers siècles.

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