La Turquie derrière l’afflux de migrants à Lesbos

«Je suis parti de mon pays, l'Afghanistan, car j'y étais attaqué à cause de ma passion, la peinture. Ici, je n'arrive même plus à imaginer mon futur.» Abdullah, 20 ans, marque une pause dans son récit, assis en tailleur sous une tente portant le sigle du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), à l'intérieur du camp de Moria, sur l'île de Lesbos. «Je stresse. C'est invivable ici. Il y a même eu des morts dans l'incendie qui s'est déclenché sur le camp dimanche…», assure le jeune homme. Les autorités grecques, de leur côté, parlent d'une migrante décédée lorsque les flammes ont ravagé huit des préfabriqués qui servent d'abris dans le «hot spot», le nom officiel donné aux centres d'enregistrement et de sélection mis en place par l'Union européenne.

Des tentes dans l'oliveraie

Abdullah ne loge pas, lui, dans ce camp. Prévu en 2015 pour accueillir 3000 personnes, l'endroit entouré de barbelés est vite devenu trop petit. Il ne peut héberger les 13 000 migrants qui attendent actuellement sur l'île. Des tentes ont donc poussé dans l'oliveraie voisine. Le jeune Afghan en partage une avec 11 autres compatriotes. Tous espèrent poursuivre leur route...

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