Caramanlis présente au Parlement son plan d'aides sociales

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Avec un premier ministre commentant les débats animés par les rumeurs de la presse, les socialistes accusant le gouvernement de mettre la Grèce sous tutelle de l'UE et les communistes reprenant le refrain sur les deux grands partis soutenant les "nouveaux changements réactionnaires", le débat, vendredi au Parlement, sur l'économie et les relations de travail, a fini pat tourner en discussion de sourds, soucieux de compter les points sur le baromètre politique et indifférents aux impacts de la crise internationale sur la vie quotidienne des Grecs.

Le premier ministre, Costas Caramanlis, a présenté une série de mesures de soutien économique pour les personnes les plus démunies et les plus fragilisées par la crise financière internationale, détaillant le versement progressif, par tranches et par régions, d'allocations chauffage et d'aides au logement.

Lors de ce débat vendredi au Parlement, convoqué à la demande de la Coalition de la Gauche radicale (SYRIZA), M. Caramanlis a informé que les mesures sociales se chiffreront à 48,7 milliards d'euros en 2009 contre 28,8 milliards en 2004, précisant que les versements se feraient en deux temps à partir du Fonds national de Cohésion sociale.

"Nous suivons la situation constamment, a souligné le premier ministre, et sommes décidés à prendre toute les initiatives nécessaires", insistant sur la gravité de la crise qui semble pour l'instant ne pas avoir de fin. "Il existe", a-t-il dit, "des incertitudes, tant du point de vue de son intensité que de sa durée. Nous ne pouvons donc pas à la première difficulté épuiser toutes nos ressources économiques. Dans ce cas, il serait irresponsable et dangereux face aux autres besoins pouvant éventuellement surgir. Nous ne pouvons donc pas détruire tout ce que les citoyens grecs, par leurs sacrifices, pour sembler passagèrement agréables".

Dans sa seconde intervention, M. Caramanlis s'est référé plus spécialement aux relations de travail et "à ce qui se dit en ce moment" dans certains milieux, renvoyant indirectement aux déclarations cette semaine du président de la Chambre de Commerce et d'Industrie d'Athènes (EBEA), M. Michalos, lequel proposait une diminution de la semaine de travail et des salaires.

"Les points de vue qu'on entend ces derniers jours n'expriment pas la politique du gouvernement", a affirmé M. Caramanlis, avertissant en outre que "les politiques et déclarations irresponsables affaiblissent la capacité solvable de notre pays et augmentent encore davantage le coût de l'emprunt".

M. Caramanlis, qui a appelé le principal parti de l'opposition à choisir la voie de la responsabilité, a critiqué ce parti de faire des propositions non chiffrées et formuler des voeux pieux, déclarant que précisément "ce jour même, vous évitez le prix de ce que vous annoncez, et de dire qui paiera vos propositions, lesquelles calculées au minimum conduiraient à des sommes astronomiques".

Répondant enfin à des objections à une soi-disant légalisation de "l'arbitraire patronal", M. Caramanlis a renvoyé à un rapport de l'OCDE faisant état que la Grèce est parmi les premiers à défendre l'emploi, et critiqué en général ce qui se dit faussement contre la politique gouvernementale ou bien est mal compris, citant notamment le Plan national pour les liquidités, et affirmant d'autre part que le gouvernement avait visé à Bruxelles à faire accepter la flexibilité du Pacte de stabilité et de croissance. Nous savons tous que "les marges pour notre pays sont limitées, en raison des déficits et de la dette publique. Nous payons chaque année plus de 11 milliards d'euros uniquement pour les taux d'intéret, soit 5% du PIB", a conclu M. Caramanlis.

Répondant au premier ministre, le président du PASOK (socialistes), Georges Papandréou, a averti que la crise économique ne peut être le prétexte d'une nouvelle répartition injuste des richesses et "il faut intervenir sérieusement", a-t-il dit, pour soutenir les salaires et les emplois.

M. Papandreou a estimé que le gouvernement, prisonnier de sa politique néo-conservatrice, échoue à comprendre les raisons de la crise et la nouvelle réalité dans laquelle s'est engagé le monde développé, les issues qui existent pour une nouvelle proposition de développement.

Ironisant sur la "politique responsable" que prétend appliquer le gouvernement, le chef du principal parti de l'opposition a cité au contraire le "choix catastrophique" qu'a été de placer l'économie grecque sous surveillance de l'UE, "la tolérance faite aux cartels alimentant la cherté de la vie", "la mauvaise gestion des fonds de la nouvelle PAC", "la politique antidéveloppement suivie, avec baisse des investissements publics et dépréciation continuelle du réseau de la protection sociale".

C'est pourquoi M. Papandreou a préconisé et appelé - au même titre que les autres pays - à investir dans l'innovation et le développement vert, s'engageant, une fois au gouvernement, à défendre non pas une main-d'oeuvre bon marché, mais à aider à la qualité de la production, "qui deviendra un des atouts de la Grèce", annonçant aussi qu'il compte abroger les lois anti-travail et anti-assurances sociales du gouvernement actuel.

"Nous nous engageons à soutenir l'économie réelle et les PME", a conclu M. Papandreou, "avec des engagements clairs des banques - ce que n'a pu faire le gouvernement. Nous avons déjà proposé d'exclure du Pacte de stabilité les investissements publics verts, des propositions adoptées par les socialistes de l'Europe".

Le SG du KKE (communistes), Aleka Papariga, a averti de la vague de "nouveaux changements réactionnaires" qui seront promus, avec comme "lièvre précurseur" l'EBEA (Chambre de Commerce et d'Industrie d'Athènes) et (son président) M. Michalos, accusant dans le même temps les deux grands partis de suivre les mêmes politiques "provocantes", à de petites différences près, et le SYRIZA (Coalition de la Gauche radicale) de poser "à la légère" la question du temps de travail, lors de son intervention vendredi en débat extraordinaire de l'assemblée plénière du Parlement sur l'économie et les relations de travail.

Enfin, le président du groupe parlementaire de la Coalition de la Gauche radicale (SYRIZA), Alecos Alavanos, a lancé une attaque contre les grands cercles économiques qui cultivent le bipartisme et accusé le gouvernement d'être impuissant de réaliser des ruptures, s'adressant vendredi en débat extraordinaire de l'assemblée plénière du Parlement sur l'économie et les relations de travail, convoqué à la demande de son parti.

M. Alavanos a exigé des initiatives immédiates pour soutenir les travailleurs et les faibles revenus et proposé, entre autres, la renationalisation de la Banque Nationale de Grèce (BNG).

i-GR/ANA-MPA

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