L'UE respectera la décision des Chypriotes-grecs mais tiendra ses engagements envers les Chypriotes-turcs

Les ministres des Affaires étrangères de l'Union Européenne réunis lundi à Luxembourg ont exprimé leurs ''regrets'' pour l'échec du referendum de samedi à Chypre et de l'impossibilité qui en découle de faire entrer le 1er mai l'île de Chypre réunifiée dans l'UE. Le ministre grec des Affaires étrangères, Petros Molyviatis, s'est déclaré satisfait des décisions prises par le Conseil des Affaires générales sur le dossier chypriote.


Néanmoins, malgré le rejet du plan Annan par les Chypriotes-grecs, le Conseil s'est déclaré prêt à agir conformément à l'hypothèse du plan Annan et à débloquer l'enveloppe de 259 millions d'euros qui avait été prévue pour les Turco-chypriotes. Parallèlement, le Conseil a adressé un message à la communauté turco-chypriote pour leur confirmer que l'avenir lui appartient dans une Chypre unifiée au sein de l'UE.

Par ailleurs, le Conseil a exprimé son respect vis-à-vis des efforts décisifs et soutenus du Secrétaire Général de l'ONU, Kofi Annan, saluant également la contribution de la Grèce et de la Turquie, et s'est déclaré convaincu que les Chypriotes réussiront bientôt à accomplir leur destin commun en tant que citoyens d'une Chypre unifiée au sein de l'UE.

Enfin, le Conseil demande au Conseil des représentants permanents d'accélérer le débat sur le règlement de l'article 2 du protocole 10 de l'Acte d'adhésion dans le but qu'il soit adopté avant le 1er mai, en prenant en considération la volonté du Conseil d'adresser un message d'encouragement a la communauté turco-chypriote, selon lequel son avenir se situe bien dans une Chypre unifiée au sein de l'UE.

La Grèce satisfaite des décisions

Le ministre grec des Affaires étrangères, Petros Molyviatis, a indiqué que ce qu'ambitionnait principalement la diplomatie grecque au cours des travaux du Conseil était qu'il soit dit clairement, d'une part, que le jugement des Chypriotes grecs samedi dernier lors du referendum sur le plan Annan soit respecte, et d'autre part que l'UE se tourne vers l'avenir et non vers le passé, afin de rendre possible de nouvelles conditions pouvant conduire à un règlement de la question chypriote.

M. Molyviatis a estimé que les décisions de Luxembourg ne laissent aucune marge pour que soit posée la question de la division de l'île voire de reconnaissance du pseudo-Etat, insistant en outre sur l'accueil positif qu'ont réservé les ministres Européens aux propositions du gouvernement de la Republique chypriote pour aider les Chypriotes-turcs, multipliant notamment les points de passage de la zone "verte" de séparation.

Invité à s'exprimer sur la possibilité de ratification dans le courant de cette semaine du règlement communautaire pour l'adhésion de Chypre à l'UE, sans solution à la question chypriote, le ministre a répondu par l'affirmative, laissant entendre certes que beaucoup dépendrait des propositions qui seront déposées dans les prochains jours.

De son côté, le ministre irlandais des Affaires étrangères et président en exercice du Conseil, Brian Cowen, a laissé lui aussi une lueur d'espoir en vue d'un règlement de la question chypriote, en observant significativement que la Terre continue de tourner et que la réunification de Chypre correspond a l'intérêt de l'UE.

M. Cowen a tenu à souligner que l'UE respecte d'une part le verdict du peuple chypriote, et qu'il existe d'autre part une volonté politique pour lancer une nouvelle dynamique susceptible de conduire au règlement du problème politique de l'île.

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