Robert Manthoulis : le cinéma de l'exil

L'artiste prend les éléments, il les recompose et donne à voir un nouveau monde, le sien, qu'il propose de mettre à la place de celui qui est là.

i-GR : En 1971, Melina Mercouri déclarait à Rome qu'elle participerait dans un film portant le titre "L'histoire de Lili" consacrée à la Résistance grecque dont vous alliez assurer la mise en scène avec un financement de Jules Dassin. Pourquoi a-t-il fallu 30 ans pour tourner ce film ?

Roviros Mantoulis : Il ne s'agit pas du même film. En effet, "en 1971, il était question de tourner un film avec le titre "Lili's story. Ce n'est pas Jules Dassin qui la financerait mais il serait le producteur exécutif, avec le sens américain du terme. Le financement était assuré par ABC productions, une des sociétés d'Hollywood à cette époque. Nous avions écrit le scénario de ce film avec Georges Sevastikopoulos dans les studios de Boulogne où à l'époque Jules Dassin tournait un film. Finalement le film n'a pas réussi à se faire parce que ABC Productions a été dissoute. Ensuite, nous devrions le tourner en Roumanie, mais Ceaucescu a refusé parce qu'il avait signé un accord avec la junte des colonels en Grèce. Ainsi il n'a jamais été tourné. Aujourd'hui, ça n'aurait aucun sens de tourner le même scénario puisque son propos était de montrer la situation telle qu'elle se présentait à l'époque en Grèce. Cette situation n'existe plus maintenant. Le nouveau film qui porte le même titre, constitue les coulisses de l'ancien. C'est à dire qu'une partie traite du comment devait s'écrire le scénario et se tourner le premier film. C'est un film sur la fabrication d'un film inspiré de l'histoire d'une fille que nous avons appelé Lili et qui a vécu divers choses dans les bureaux de la Sécurité (services secrets de la Junte, ndlr), subi des tortures, fait des recours au Conseil de l'Europe, etc., et en parallèle il y a la vie des gens qui se sont occupé de toutes ces choses. Les coulisses du film et l'histoire personnelle des exilés politiques, amis et autres, sont le sujet du nouveau film. L'homme vie diverses situations et, plus la vie est dure, plus ces situations deviennent drôles. Cette partie dramatique, autant que la partie humoristique sont le sujet de mon nouveau film.

i-GR : Vous êtes un cinéaste engagé. Croyez-vous qu'un tel film peut aujourd'hui trouver sa place dans le cadre dessiné par un cinéma international dominé par les films commerciaux américains ?

R. M. : Je n'emploierai pas le mot engagé avec le sens de l'art cinématographique engagé, celui qui se met au service d'une idéologie. Je n'ai jamais été engagé dans ce sens. Simplement, souvent, les sujets qui me préoccupent depuis que je fais du cinéma, avaient toujours une valeur historique et un poids important, au moins en ce qui concerne l'espace grec. Parce que nous avons toute une série de tragédies que le peuple grec a vécues : la dictature de Metaxas, l'Occupation, la guerre civile, la dictature. Pour moi, puisque j'ai vécu tout cela, ce sont des sujets qui me poursuivent, comme tous ceux qui sont de ma génération. Et bien entendu ils se retrouvent dans les films que je fais. En Grèce, par exemple, j'avais fait un film qui s'appelait "Haut les mains, Hitler !" qui traitait de l'occupation. Le "Vis à vis" traitait des événements de Juillet et de ce que nous préparait la junte. Ensuite, dans les documentaires que j'ai faits, je me suis occupé de manière encore plus sérieuse des aspects historiques. Mais à chaque fois, je prends les choses avec humour, sauf peut-être pour certains documentaires qui ne sont pas nécessairement humoristiques.

i-GR : Et votre nouveau film ?

R. M. : Le nouveau film est humoristique, mais aussi sentimental. Beaucoup pleurent en sortant, après avoir bien rit durant la projection. Il s'agit d'une époque et d'une situation personnelle, un film basé sur mon vécu et celui de mes amis. Ce n'est pas un document d'époque à 100%, puisque c'est avant tout une fiction, mais une fiction inspirée de la réalité. Des choses graves peuvent aussi être vues d'un autre point de vue, sans qu'on cherche forcement "à vendre" une idéologie au public. Je cherche seulement à faire réfléchir le public sur ces choses. C'est ma manière de travailler au cinéma, que ce soit avec la fiction ou avec les documentaires. Je travaille de sorte qu'il ay ait toujours une fenêtre pour que le spectateur découvre les choses sans que j'ai à tout lui dire, de sorte qu'il voit par lui-même, qu'il juge par lui-même, qu'il apprenne, qu'il pénètre aux points les plus obscurs, aux plus inconnus. Un film engagé est un film qui sert un but précis. La première version de "Lili's story" devait être un film engagé dans la lutte contre la dictature. Mais la version d'aujourd'hui n'est pas un film engagé.

i-GR : Le film était présent à la compétition de la Monstra de Venise dans la catégorie Contrerento, qui veut dire à contre-courant. Croyez-vous que le titre de cette section résume l'essentiel de votre parcours artistique, mais aussi sur un plan personnel ?

R. M. : Oui, au début j'ai été surpris de voir qu'à la Monstra cette année, il y avait une telle section, mais finalement cela m'a plu que mon film soit dans cette catégorie. Parce que mes films ont toujours été considérés anti-commerciaux. Mais curieusement, elles plaisaient toujours au public et les entrées étaient satisfaisantes ; à condition, bien entendu, qu'ils ne soient pas interdits, comme ce fut le cas de "Vis à vis", interdit durant les sept ans de la junte. Disons que quand j'ai commencé le cinéma, je suis entré par la grande porte. J'ai commencé tout de suite par une grande production commerciale. Parce que je croyais que c'était la meilleure manière. Tu apprends à faire des films quand tu les tournes. Tu peux apprendre des choses à l'école, mais si tu ne tournes pas, tu ne connais rien.

L'affiche du film Lilly's story
L'affiche du film Lilly's story

i-GR : Pourtant, vous-même, vous avez enseigné le cinéma avant de le pratiquer.

R. M. : C'est en effet, un peu curieux. Quand après mes études aux Etats-Unis je suis rentré en Grèce, je m'intéressais au documentaire, je voulais faire des films à partir d'archives. Mais ils m'ont tous déçu. On m'a dit "Oublie ça". J'ai vu ce qui se passait autour de moi, le cinéma qui se faisait et je me suis dit que je pouvais aider en apportant ce que je connaissais, ce que j'avais appris. C'était un acte citoyen. Mais il a aussi autre chose. Quand tu enseignes, tu apprends. J'ai commencé à enseigner en 1957 et j'ai tourné mon premier film en 1958, un documentaire sur l'île de Lefkada. Ensuite, j'ai eu la chance qu'on me propose de faire un film avec Avlonitis, Vassileiadou, Kourkoulos, Kazantzidis et Marinella. Un grand film avec beaucoup de succès qu'on peut encore voir aujourd'hui. J'ai enchainé avec "la Famille Papadopoulos", qui était aussi une production importante avec des firmes reconnues, avec Makris et Iliopoulos ; c'était un film plus social, avec une analyse plus intéressante. Avec le troisième film j'ai fait un pas de plus vers mes intérêts personnels, et j'ai réalisé "Haut les mains, Hitler!". Et, le film suivant était encore plus personnel. On peut dire que la j'étais à contre-courant. Depuis, quoi que je fasse, je suis à contre-courant. Pas parce que je veux être à contre-courant, mais parce que ce que je fais, la manière dont j'écris le scénario, la mise en scène, le film dans son ensemble, ne ressemblent pas aux films classiques commerciaux ou pas. J'ai toujours, si vous voulez, quelque chose de plus poétique, quelque chose qui n'est pas très habituel. Poésie signifie qu'une œuvre peut ne pas avoir la forme qu'attend le spectateur. Que le spectateur peut être surpris !

i-GR : En 1966, "Vis-à-vis" obtient le Prix de la mise en scène au Festival de Thessalonique. Pour l'époque c'était un film prémonitoire des événements qui allaient suivre en 1967 et il devient la raison de votre exil en France. Comment avez-vous vécu et exil ?

Le premier problème que rencontre quelqu'un dans des telles circonstances est celui du déracinement. Parce que tu n'est pas seul ; c'est toute une famille qui se trouve déracinée. Ensuite, c'est le fait que tu ne saches pas quand est ce que tu pourras retourner. A la fin, tu t'installes ailleurs et tu en fais une nouvelle patrie.

R. M. : On peut avoir un aperçu avec "Lili's story". Après la récompense de Thessalonique "Vis-à-vis" a été sélectionné à participer à divers festivals européens, dont celui de Hyères où il était programmé en ouverture un 21 avril 1967, le jour même du coup d'Etat en Grèce ! Je me suis trouvé face à des dizaines de journalistes et naturellement j'ai pris position sur ce qui se passait en Grèce ; après quoi je ne pouvais plus retourner en Grèce. Si je rentrais, je me trouverais à Yaros (tristement célèbre lieu de regroupement des opposants, ndlr). Le premier problème que rencontre quelqu'un dans des telles circonstances est celui du déracinement. Parce que tu n'est pas seul ; c'est toute une famille qui se trouve déracinée. Ensuite, c'est le fait que tu ne saches pas quand est ce que tu pourras retourner. A la fin, tu t'installes ailleurs et tu en fais une nouvelle patrie. Puis, comment survivre ? Tu quittes la Grèce où tu as commencé une carrière, un parcours et tu te trouves inconnu à l'étranger. Tu recommences à zéro. Moi, j'avais la chance de ce film qui m'a servit de passeport, qui m'a ouvert quelques portes. J'ai eu des propositions pour travailler à la télévision française ; c'est ainsi que de Genève où je m'étais installé au début, je suis arrivé à Paris. Pas seulement parce que j'avais immédiatement du travail, mais aussi parce que c'était un lieu qui m'intéressait. Mais je peux témoigner que cette possibilité n'était pas donnée à beaucoup de monde. Parce que des exilés, il y en avait des milliers dans différentes villes de l'Europe, mais peu nombreux étaient ceux qui ont pu travailler de suite. Mais la vie continue et elle a ses propres dimensions. Chaque jour amène son côté positif, son côté négatif, tantôt tragique, tantôt comique. Tenez, dans cette pièce, on a fait la fête à cinquante ! Il y a une réaction aux moments difficiles qui t'amène à survivre, à faire la fête. C'est cet élément qu'on trouve chez tous les peuples, mais plus particulièrement chez les Grecs. Ce qui fait boire les Crétois et faire la fête lors des enterrements. C'est comme une bravoure contre la mort.

i-GR : Vous avez réalisé plusieurs documentaires, pour la télévision française, dont un sur le blues et les ghettos noirs. Qu'est ce que l'art pour vous ? Un témoignage, une interprétation de la réalité ?

R. M. : L'art a deux faces. La première, c'est quand tu utilises les éléments-même de la réalité qui, quelques fois, sont si importants qui dépassent tout ce que l'on peut imaginer ou construire. Dans le cinéma, on rencontre parfois ces éléments qui "vous arrêtent", qui vous font dire "comment est-ce possible !" L'autre face, c'est quand tu recomposes ces éléments. Par exemple, un poète, quand il écrit, il ne fait pas un reportage sur ce qu'il observe. Il épure, dans son monde à lui, il essaie de trouver des intersections universelles, il recompose les objets, les situations, les visages… C'est pareil avec le cinéma. C'est ça l'art, c'est ça son rôle. L'artiste prend les éléments, il les recompose et donne à voir un nouveau monde, le sien, qu'il propose de mettre à la place de celui qui est là. Le fait que cela ne se produise pas c'est une autre affaire. L'artiste ne prend pas la place de l'autre, mais seulement la conscience de chaque spectateur. C'est ainsi qu'on vit en ayant vu Picasso, en ayant lu Eliot ou Eschyle. Et, grâce à eux, on peut voir le monde tel qu'il est. Cette relation, la confrontation entre l'art et la réalité, c'est l'Art.

i-GR : Vous faites partie de ces artistes qui ont vécu et créé à l'étranger. En même temps, on dit que "la Grèce mange ses enfants".

R. M. : Je crois effectivement que la Grèce détruit ses enfants. Cela ne vaut pas seulement pour aujourd'hui. C'était ainsi aussi dans l'antiquité. Ce n'est pas par hasard qu'on trouve ces images dans la mythologie. Tous les Grecs éponymes ont subi des persécutions. Et dans notre époque moderne, chaque fois que la situation est difficile en Grèce, les Grecs s'en vont. Bien sûr auparavant pour des raisons économiques, mais il y en a beaucoup qui sont partis pour des raisons politiques, pace que la société les chassait. Un Grec ne supporte pas facilement un autre Grec quant il est en désaccord avec lui. Peut-être, qu'après la mort, ils leur feront une statue ; peut-être, qu'ils les reconnaîtront quand ils seront déjà mondialement célèbres. Comme avec Mitropoulos, un grand maestro. Je l'ai connu quand j'étais en Amérique et nous avions discuté longuement de ces sujets. Il était parti de la Grèce parce que celui qui était le Capitaine-Un dans les affaires musicales ne le laissait pas avancer. Le problème à chaque fois c'était qu'une petite minorité chasse les autres. Un petit microcosme qui vivait accolé au pouvoir et vivait de celui-ci. Plutôt que de perdre sa place, il s'enfichait si les autres pouvaient être pourchassés, assassinés, exilés. De l'autre côté, il existe une petite jalousie, pas seulement en Grèce mais aussi entre Grecs qui vivent à l'étranger.

i-GR : En 1975, le gouvernement Karamanlis vous appelle pour entreprendre la démilitarisation de la télévision grecque, comme directeur-adjoint de l'ERT. En 1977, vous démissionnez et retournez en France. En 1983, c'est Papandreou qui vous appelle comme directeur des programmes de ERT 2. Mais là encore, vous démissionnez au bout de deux ans…

R. M. : Le gouvernement Karamanlis avait au départ proposé Kakogiannis, qui à son tour m'a fait la proposition. Eux, ils proposaient un contrat de 3 ans, mais moi je voulais aller pour seulement un an. Je ne voulais pas devenir "télécrate". J'ai accepté sous deux conditions: la première, que la télévision devienne un organisme indépendant de l'Etat, et la deuxième que j'ai un mandat en blanc, sans dépendre du Premier Ministre, ni du Ministre, ni du Conseil d'Administration. Sur la première question, une loi avait été promulguée dans ce sens en novembre 1975. Mais sur la deuxième, je savais que ça ne pouvait pas durer. J'ai essayé donc de travailler rapidement, mais les conflits n'ont pas tarder à se faire jour. Et je suis parti. En 1981, Papandreou avait lu mon livre "L'Etat de la télévision" et m'a proposé le poste du directeur des programmes. C'est finalement Vassilikos qui a pris la place. Il m'a même téléphoné pour s'excuser. Mis vite, c'est devenu le foutoir. Vassilikos m'a appelé me disant que la télévision "ferme" et m'a prié de le rejoindre. J'ai accepté d'y aller pour seulement deux jours. En deux jours j'ai fait en sorte que ça remarche, j'ai séparé les responsabilités, bref, on m'appelait "docteur Manthoulis", le toubib. Puis, d'autres problèmes ont pris le dessus…

i-GR : Vingt ans après, quel regard portez-vous sur la télévision grecque d'aujourd'hui ? la télévision des "reality shows" et de la publicité ?

La télévision doit considérer le téléspectateur comme citoyen tant qu'elle est un moyen de communication de masse. Ce n'est pas possible que chacun passe ce qui veut. On ne peut pas me dire que je suis contre la liberté et que je défends la censure ; même dans le commerce, il y a des services qui exercent un contrôle.

R. M. : Il n'y a pas longtemps, l'Union des employés de l'ERT (télévision publique, ndlr) a organisé une sorte de séminaire. On a appelé aussi quelques uns de l'étranger pour discuter des questions de télévision, de production, des programmes, etc. J'ai été surpris qu'à l'arrivée on me dise que le séminaire a été organisé sur la base de mon livre "L'Etat de la télévision". Quand je l'avais écrit, je pensais que ce que je racontais serait périmé au bout d'une dizaine d'années. Parce que dans ce domaine, les choses avancent à grands pas. Mais ces pas n'ont pas eu lieu en Grèce, au contraire, on a reculé. Parce que, quand moi j'y étais et jusqu'à mon départ, de l'avis général, il y a eu une révolution ; mais d'un coup tout cela a disparu. D'abord, parce qu'il y a eu les émissions sauvages de la télévision privé. Sans autorisations, sans réglementation. Ensuite, ces canaux ont entraîné jusqu'à un certain point la télévision publique sur le terrain de la publicité et de l'audimat des programmes faciles, sans jamais penser le rôle négatif dans l'éducation du peuple grec et notamment des couches inférieures. Résultat, aujourd'hui, dans l'affaire du "17 novembre" (démantèlement d'un groupe terroriste, ndlr), tous les Grecs sont devant leur poste, il n'y a plus rien d'autre. Mais tu ne vas pas à l'Ecole primaire pour faire un cours universitaire, ni à l'Université pour un cours de maternelle. Il faut qu'il y ait une progression, une montée en charge du sujet. En Grèce, ils ont tous, indépendamment de leur niveau éducatif, droit à des programmes de maternelle. Cela a formé un peuple qui ne devrait pas être celui qui est et cela se voit dans beaucoup de ses manifestations. Il s'agit là des dix millions des Grecs. Bien sûr il existe des individus, des groupes qui résistent ; qui, soit, ils refusent de regarder la télévision, soit, ils savent comment la regarder.

i-GR : Dans Cratyle de Platon, Socrate définissait l'homme comme un spectateur pensant. L'homme, dit-il, c'est celui qui pense sur ce qu'il voit. Téléspectateur citoyen ou téléspectateur client, quelles sont les conditions d'une télévision démocratique aujourd'hui ?

R. M. : La télévision doit considérer le téléspectateur comme citoyen tant qu'elle est un moyen de communication de masse. Ce n'est pas possible que chacun passe ce qui veut. On ne peut pas me considérer que je suis contre la liberté et que je suis pour la censure de ce que verra le spectateur ; même dans le commerce, il y a des services qui exercent un contrôle. Quand quelque chose passe sur les autoroutes de la communication, comme la télévision ou Internet, quelque part il faut un contrôle, pour qu'au moins nos goûts ne s'altèrent pas. La télévision, ce n'est pas comme le journal où tu te lèves pour aller l'acheter. Pas seulement parce que c'est mauvais pour les enfants. La société doit s'occuper de nos goûts. Périclès, dans son fameux Epitaphe, il raconte tout cela. J'ai peur que, vu la tendance actuelle, on aille vers une ghettoïsation où il ne subsistera que quelques îlots. Que, bientôt, l'on regardera la télévision comme les écologues avec les produits bio.

Propos recueillis par Elsa Papageorgiou
Paris, Février 2003

Robert Manthoulis, biographie

Robert Manthoulis est né en Grèce en 1927, il vit à Paris depuis 1967. Après des études en Sciences Politiques à Athènes, il part aux Etats-Unis étudier le cinéma et le théâtre à Syracuse University. A son retour en Grèce, il enseigne la mise en scène à l'Ecole Supérieure de Cinéma et de Théâtre, à Athènes.

Exilé à Paris à l'arrivée des colonels en Grèce en 1967, il retournera dans son pays après le rétablissement de la démocratie en 1974 comme directeur adjoint de la télévision publique, puis comme directeur des programmes de l'ERT-2. Il a aussi été président de la Communauté hellénique de Paris jusqu'en 2001.

Auteur de six longs métrages pour le cinéma et de plus d'une centaine d'heures de documentaires pour la télévision française. Prix de la meilleure mise en scène pour Face à face (1996) et Grand prix pour le documentaire Des hommes et des dieux (1992) au Festival de Thessalonique. Meilleur scénario et meilleur acteur pour Haut les mains, Hitler (1993) à Athènes. Nominé meilleur film de l'année pour Le blues entre les dents par l'Union des critiques à Bruxelles. Sélection à la Monstra de Venise pour Lili's Story (2002).

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