Le cinéaste grec Yorgos Lanthimos retrouve une quatrième fois Emma Stone pour «Bugonia», une nouvelle fable misanthrope comme il les affectionne. Plutôt amusante, cette fois.
Pour n'avoir pas du tout goûté les trois dernières sorties de Yorgos Lanthimos, La Favorite, Pauvres Créatures et Kinds of Kindness, on s'apprêtait à tirer un trait définitif sur ce satiriste ricanant et surfait. Mais le cinéaste grec reste heureusement imprévisible dans ses choix et suffisamment créatif pour surprendre. C'est le cas avec cette libre adaptation d'une comédie coréenne (Sauvez la planète verte!, de Jang Joon-hwan, 2003) par le scénariste Will Tracy (l'indigeste The Menu, 2022), à laquelle il confère style et radicalité. Mais sans les afféteries photographiques qui rendaient ses derniers films si m'as-tu-vu. Ce n'est donc pas par hasard que Bugonia fut l'un des films les plus appréciés de la dernière Mostra de Venise, même sans prix à la clé.
Réactualisé et déplacé aux Etats-Unis, l'argument touche dans le mille. Tandis que deux apiculteurs amateurs discutent de leurs abeilles et de phénomènes inquiétants concernant les colonies, une CEO enregistre une vidéo pour vanter la politique d'emploi de sa compagnie pharmaceutique et chimique, Auxolith. En fait, Teddy, trentenaire à longs cheveux gras…