Un plat servi au restaurant palestinien Al-Kufiya, à Athènes, sur une capture d'écran d'une vidéo publiée par l'établissement sur Instagram. ALL_KUFIYA/INSTAGRAM
Loin de la guerre mais hantés par les récits de leurs proches, l’entrepreneuriat agit sur eux comme une thérapie.
Dans le quartier alternatif d'Exarchia, au centre d'Athènes, les drapeaux palestiniens flottent aux balcons et les slogans « Free Palestine » s'inscrivent sur les murs. Ce n'est donc pas un hasard si, ici, entre les façades taguées et les squats anarchistes, un premier restaurant palestinien, Al-Kufiya, a ouvert il y a trois mois. Le district, qui avait accueilli les réfugiés au pic de la crise migratoire de 2015-2016, est devenu l'épicentre des mouvements propalestiniens grecs depuis l'attaque terroriste du Hamas en Israël, le 7 octobre 2023, et les bombardements sur la bande de Gaza qui ont suivi.
A l'intérieur du restaurant, des broderies traditionnelles palestiniennes ornent les murs, côtoyant des keffiehs, un portrait de l'écrivain Ghassan Kanafani et des dessins du caricaturiste Naji Al-Ali. Derrière les fourneaux, Abir Awad, 52 ans, prépare de la maqlouba, ce plat de riz renversé aux légumes et à la viande qui fait partie de l'identité culinaire palestinienne. « Il y a des restaurants à Athènes où l'on peut déguster des falafels ou du houmous… Ces mets sont à la mode et sont devenus un outil de soft power disputé. Mais, ici, ce sont les plats traditionnels que…