Ariane à Naxos: quand Strauss et Katie Mitchell revisitent l'opéra de caractère

CRITIQUE - Le Théâtre des Champs-Élysées accueille la production aixoise du 21 au 30 mars. Une mise en abîme d'une redoutable efficacité.

Rien n'est plus périlleux qu'une mise en abyme. Mettez deux miroirs face à face, et le vertige vous prend. Devant cet aperçu de l'infini, les repères s'envolent. Où se trouvent le vrai, le faux? La fiction, la réalité? On se demande surtout s'il n'existe pas une passerelle entre deux mondes si poreux, si proches l'un de l'autre. Cette passerelle, Richard Strauss et Hugo von Hoffmannstahl l'empruntent de la plus belle façon, dans Ariane à Naxos.

Fort du succès du Chevalier à la rose, créé en 1911 et amené à très vite faire le tour du monde, le compositeur et son librettiste décident de tourner le dos au grand orchestre wagnérien et à la mélodie continue, pour retrouver la légèreté des opéras du temps passé ainsi qu'on les concevait au XVIIIe siècle. Il ne s'agit pas là d'un désir rétrograde, mais d'une sorte de pastiche-hommage, moins nostalgique qu'ironique, de l'esprit «buffa» de l'époque mozartienne. Ils imaginent une intrigue en deux temps: premier acte, la préparation d'un spectacle; second acte, le spectacle lui-même.

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