«Ariane à Naxos», un Katie Mitchell fade, et en même temps…

En robe, Sabien Devieilhe. En talons, Rupert Charlesworth. (Photo Pascal Victor. Artcompress)

En 1916, Richard Strauss compose Ariane à Naxos sans se douter qu'il met au jour ce qui deviendra cent ans plus tard un hymne fou du macronisme triomphant. Qu'on en juge: «L'homme le plus riche de Vienne» achète deux spectacles pour une de ses fêtes, un opéra tragique et un ballet comique, qu'il ne veut pas voir représentés l'un après l'autre, mais simultanément. Seront donc interprétés sur la même scène la solitude dramatique d'Ariane à Naxos et, en même temps, les déboires de Zerbinetta et de ses quatre amants. Programmer cette œuvre en ouverture du festival d'Aix tient presque du geste politique, et en confier la mise en scène à la virtuose britannique en résidence Katie Mitchell, qui plus est au théâtre de l'Archevêché, à découvert et dont le plateau sans dégagement se prête mal aux jeux d'étages et d'escaliers caractéristiques de son travail, promettait un beau voyage lyrique plein de péripéties maîtrisées. Ou pas. Ou les deux. 

Esprit chambriste

Au rayon des «en même temps» qui sont opposés, le spectateur fait l'expérience qu'il ne peut...

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