Le FMI opposé à la restructuration de la dette grecque

papaconstantinou

Le conseiller aux Relations extérieures du FMI, David Hawley, a affirmé jeudi 20 janvier que le FMI se déclare en faveur du rallongement du délai de remboursement de l'emprunt de 110 milliards d'euros de la Grèce, mais que son organisme reste opposé à la restructuration de la dette publique, alors que pour le ministre grec des Finances, Georges Papaconstantinou, la question du délai du remboursement fera l'objet d'un "paquet" de nouvelles mesures.

"Nous soutenons un plus long délai de remboursement", a souligné M. Hawley, en ajoutant que "cela pourrait être demandé à notre conseil d'administration, mais pour cela nous devons collaborer avec nos partenaires européens".

Invité à commenter des déclarations et évaluations afférentes à la restructuration de la dette publique, M. Hawley a relevé que "le gouvernement grec a déclaré à maintes reprises qu'il n'envisage pas cette hypothèse, qui n'est pas dans l'intérêt du pays, et nous sommes d'accord".

De son côté, le ministre des Finances, Georges Papaconstantinou, a informé jeudi le Conseil des ministres que la question du délai du remboursement du prêt à la Grèce des 110 milliards d'euros sera intégré dans un "paquet" incluant les mesures prévues dans le mécanisme de soutien permanent à des Etats-membres de l'Eurogroupe en difficulté financière.

Cette question a été évoquée dans le cadre de la récente session de l'Eurogroupe, mais aucune décision n'a été prise, le dossier étant renvoyé au prochain Sommet européen de février ou au prochain Conseil des ministres.

Selon des informations, M. Papaconstantinou a informé le Conseil que le calme relatif sur les marchés est "provisoire" et résulte de l'intervention de la Banque centrale européenne (BCE), une intervention qui ne peut se poursuivre indéfiniment. Cela signifierait que la Grèce ne peut espérer retourner sur les marchés sans appui européen.

Selon le ministre, les questions en suspens au plan économique à l'heure actuelle en Europe sont l'augmentation des ressources du Fonds européen, sa flexibilité et le coût moins élevé d'emprunt pour les Etats membres, ce qui intéresse de très près la Grèce qui espère des taux moins élevés d'emprunt.

La venue prochaine de la Troïka (contrôleurs du FMI, UE, BCE) devrait justement porter, selon des informations, sur la spécification des mesures qui seront prises pour la période 2012-2014, afin de ramener le déficit de 17 à 6 milliards.

Bonne nouvelle dans cette ambiance morose, le déficit du Budget de l'Etat grec a été ramené à 19,454 milliards d'euros, confirmant vers le mieux, selon le ministère des Finances, les estimations sur l'évolution des indices budgétaires, dans le sens inscrit dans le rapport introductif du Budget 2011, et attestant que la Grèce tient les objectifs budgétaires globaux du Mémorandum pour 2010.

Plus précisément, selon les données sur l'exécution du Budget en 2010, le déficit est de 1,2 milliard inférieur aux prévisions inscrites au rapport introductif du Budget 2011, passant de 30,871 milliards d'euros en 2009 à 19,454 milliards d'euros en 2010, soit une baisse annuelle de 37% contre une prévision de 33,2%.

Néanmoins, la réduction du déficit a résulté surtout de la baisse des dépenses, l'augmentation des recettes nettes étant en retard par rapport à l'objectif fixé. Or, les baisses ayant déjà atteint leur point bas, sans recettes l'évolution du déficit dans les prochains trimestres reste plus qu'incertaine.

i-GR/ANA-MPA

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