Les experts de la ''troïka'' de retour à Athènes

troika athenes

Les experts de l'UE-BCE et du FMI, chargés de suivre l'application du plan gouvernemental pour le remboursement de la dette publique, ont rencontré lundi au premier jour de leur nouvelle mission à Athènes les responsables du ministère des Finances, en même temps que l'agence Moody's dépréciait une nouvelle fois la note de la solvabilité des obligations publiques de la Grèce et rabaissait celle de six banques grecques.

Les experts ont apprécié la perspective "optimiste" de la baisse du PIB, c'est-à-dire la récession, qui sera plus faible ( -2,4%) que prévu dans le mémorandum garantissant pour la Grèce le mécanisme de soutien. D'autres réunions doivent suivre ce lundi à la Banque de Grèce, puis à nouveau au ministère des Finances.

Toutefois, selon des sources ministérielles, les experts ont exprimé une certaine inquiétude à propos du taux d'inflation qui devrait comme ciblé se chiffrer à une hausse de 1,9% en 2010, alors qu'à l'heure actuelle l'inflation est supérieure à 5%.

Mardi, les experts de la "troïka" se rendront à la Cour des comptes, à l'Organisme de gestion de la dette publique, au ministère de l'Emploi et de la Sécurité sociale, au ministère de l'Intérieur et, ensuite, au ministère de l'Economie.

Le jour suivant, ils seront reçus par les directions de la Banque Nationale de Grèce (BNG) et de Eurobank, ainsi que de l'Institut de Recherches économiques et industrielles (IOBE).

Enfin jeudi, au dernier jour de leur mission, une nouvelle réunion est programmée à la Banque de Grèce et aux ministères des Finances et de la Santé.

Selon un porte-parole de la Commission européenne, les premières vérifications confirment que la mise en application des réformes se poursuit normalement, rappelant qu'une évaluation de la situation économique en Grèce est prévue dans environ un mois et que le prochain versement de l'aide se fera en septembre.

Moody's déprécie la solvabilité des obligations grecques

L'agence de notation financière "Moody's" a procédé lundi à la dépréciation de quatre crans, passant de A3 à BA1, de la note de la solvabilité des obligations publiques grecques.

Bien que reconnaissant dans un communiqué relatif que le train de mesures de limitation du déficit qui a été adopté en association avec l'aide financière de 110 milliards d'euros à l'économie grecque par l'UE et le FMI réduit les risques pour l'économie grecque et peut contribuer avec de fortes probabilités à la stabilisation de la dette, Moody's estime qu'il existe toutefois un risque lié à la conjoncture marco-économique, mais aussi à la mise en oeuvre des mesures précitées.

Dans une réaction immédiate, le ministère des Finances a tranché que "la dévaluation de ce jour de l'économie grecque par l'agence Moody's ne reflète en aucun cas ni les progrès réalisés au cours de ces derniers mois, ni les perspectives qui s'ouvrent pour l'assainissement budgétaire et l'amélioration de la compétitivité du pays", avant de donner point par point à l'appui tous les chiffres concernant la baisse du déficit, les performances dans l'augmentation des recettes et la réduction des dépenses, ainsi que l'avancement de toutes les actions structurelles prévues dans le mémorandum entre la Grèce et la "troïka" qui sont, nombre d'entre elles, souligne le texte, en avance même sur le calendrier fixé.

Cette décision de Moody's était contestée aussi par des cercles de la Banque de Grèce, qui soutenaient qu'elle est injustifiée dans une période de progrès dans la mise en application du programme économique pour la réduction du déficit et de la dette, un état de fait reconnu d'autant plus par les acteurs internationaux.

La même agence a persisté, toutefois, dans son évaluation négative des Finances grecques, en rabaissant mardi les notes de six banques grecques.

Plus précisément, Moody's a rabaissé la note des dépôts et de la dette de la Banque Nationale de Grèce (BNG) à Ba1/Not-Prime (de Baa2/Prime-2), de EFG Eurobank Ergasias SA à Ba1/Not-Prime (de Baa3/Prime-3), de Alpha Bank SA à Ba1/Not-Prime (de Baa3/Prime-3), de ATEbank à Ba2/Not-Prime (de Baa3/Prime-3), de Emporiki Bank à Baa3/Prime-3 (de Baa2/Prime-2) et de Geniki Bank à Baa3/Prime-3 (de Baa2/Prime-2). Parallèlement, Moody's a confirmé les notes de Piraeus Bank à Ba1 et de Attica Bank SA à Ba2.

De plus, Moody's place la note à long terme Baa2 de Marfin Egnatia Bank en phase de réévaluation, sans donner d'orientation, et la note à court terme Prime-2 en phase de réévaluation avec une possible dégradation.

Moody's souligne que le rabaissement des notes de banques n'est pas lié aux capacités propres des établissements, mais à la capacité du gouvernement de soutenir le système bancaire en raison de la baisse de la note de sa dette souveraine la veille.

i-GR/ANA-MPA

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