Bakoyannis et la FYROM : « Je ne suis pas heureuse, mais il faut être en phase avec la réalité » (nous avons perdu, ndlr)

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C’est par cette phrase que la ministre des Affaires étrangères, Dora Bakoyannis, s’est adressée en fin de semaine dernière à l’Assemblée des députés grecs pour leur résumer la position d’Athènes face aux nouvelles propositions du médiateur des Nations Unies pour la question du nom définitif de la FYROM (ancienne république yougoslave de Macédoine) ; des propos qu’elle a eu l’occasion de clarifier auprès des journalistes qui l’accompagnaient dimanche en vol vers le Maroc, alors qu’un sondage donne une écrasante majorité de Grecs rejetant toute appellation de l’Etat voisin qui comporterait le terme Macédoine.

« Notre objectif est une solution qui reposera sur le consensus, le réalisme et la dignité nationale », a déclaré Mme Bakoyannis, à propos de la procédure de négociation en cours sur l'appellation de la FYROM, en vol dimanche vers le Maroc, où elle entame lundi une visite de travail de trois jours dans les pays du Maghreb.

« La Grèce a une position extrêmement claire, et nous savons très bien ce que nous visons dans ces négociations », a souligné Mme Bakoyannis, explicitant qu'à la fois les deux parties ont des « lignes rouges » dans ce processus.

A rappeler que aucune des cinq appellations proposées par l'envoyé spécial de l'ONU pour la FYROM, Matthew Nimetz, lequel a visité la semaine dernière successivement Athènes et Skopje, n’a pu récolter l’adhésion des deux parties. Alors que Skopje se déclare prêt à discuter sur les noms de « République démocratique de Macédoine » et de « République indépendante de Macédoine », Athènes réaffirme que si elle est disposée à accepter un nom composé, celui-ci doit comporter un déterminant géographique et en aucun cas, monopoliser le terme « Macédoine ». Dans ces conditions, seule la proposition « Haute Macédoine » pourrait faire l’objet de négociations pour Athènes. Les deux propositions restantes « République constitutionnelle de Macédoine » et « Nouvelle république de Macédoine » n’ont pas trouvé preneur.

L'appellation définitive de la FYROM revêt une importance capitale pour les Grecs, selon les sondages

Les sociétés RASS et Alco ont réalisé des sondages téléphoniques à l'échelle nationale, respectivement les 20-21 et 20-22 février, sur la question de l'appellation de la FYROM.

Selon le sondage de RASS réalisé pour le journal "To Paron" sur un échantillon de 600 individus, 59,3% des questionnés demandent au gouvernement d'exercer son droit de veto contre l'adhésion de la FYROM à l'OTAN si les Etats-Unis font pression pour accepter la proposition Nimetz (émissaire de l'ONU pour la FYROM), 24,9% demandent l'organisation d'un référendum, 8,4% demandent des élections et 5,3% l'acceptation de la proposition Nimetz.

88,3% jugent grave la question du nom de la FYROM (très ou assez), parce que le nom Macédoine est lié à notre identité nationale (52,5%), parce que toute concession sur le nom Macédoine pourrait autoriser l'Etat voisin à avoir des revendications aux dépens de notre pays (46,1%).

Les questionnés proposent au gouvernement et aux partis la convocation du Conseil des chefs de partis comme une initiative appropriée pour gérer cette question.

Selon le sondage de Alco réalisé pour le compte du journal "Proto Thema" sur un échantillon de 1.000 individus, 81,7% des questionnés demandent au gouvernement de ne jamais cesser de viser la reconnaissance internationale des droits grecs dans la question du nom de la FYROM.

70,4% rejettent l'éventualité de faire apparaître le terme Macédoine dans le nom de la FYROM, alors que 66,6% disent "non" à une double appellation.

i-GR/ANA-MPA

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