Bakoyannis plaide pour la Serbie européenne au Conseil des ministres de l'UE

La Grèce a réitéré son soutien à l'optique européenne de la Serbie au Conseil des ministres européens des Affaires étrangères réuni lundi à Bruxelles, avec la participation lundi du ministre Dora Bakoyannis laquelle a insisté pour que l'UE adresse un message à la Serbie, par lequel elle exprimerait le souhait d'une "Serbie européenne". Un appel qui n'a pas rencontré l'unanimité nécessaire, la Serbie étant handicapée par son manque de coopération avec le Tribunal pénal international.

Les Pays-Bas se sont dits prêts à signer un accord de stabilisation et d’association avec la Serbie dès que ce pays livrera les personnes inculpées par le TPI, et notamment l’ancien chef militaire Ratko Mladic, inculpé de génocide pour le massacre à Srebrenica, en 1995.

A l'exception des Pays-Bas, les Etats-membres de l'Union préconisent la signature de l'Accord de stabilité et de coopération UE-Serbie. Ainsi, l'accord ne pouvant pas être ratifié sans l'unanimité des ministres européens, le Conseil, a expliqué Mme Bakoyannis, recherche "des solutions alternatives lesquelles nous permettraient d'adresser le message que nous souhaitons", ajoutant que les ministres examinent l'éventualité de signer un accord intermédiaire avec la Serbie, avec des avantages certains pour ce pays, essentiellement économiques, alors qu'entre temps la Grèce essaie de faire progresser la question de la libération des visas.

C'est donc un accord au rabais qui a été rédigé et sera proposé à la signature le 7 signé à Belgrade. Portant essentiellement sur les aspects commerciaux et la facilitation des visas, il cherche avant tout à apporter un maigre soutien au gouvernement serbe et à éloigner le spectre d'une victoire du nationaliste Tomislav Nikolic à l'élection présidentielle du 3 février. Dans l'hypothèse d'une victoire des nationalistes, les relations extérieures de la Serbie pourraient se réorienter en faveur de Moscou sans compter qu'elle pourrait provoquer une déclaration unilatérale - et incontrôlée - d'indépendance du Kosovo.

L'échec de l'accord initial complique la tâche d'Athènes qui, comme les autres capitales européennes, voyait en l'accélération du processus d'adhésion de la Serbie à l'UE une monnaie d'échange pour l'indépendance inéluctable de la province du Kosovo.

Déçue la veille, Dora Bakoyannis, s'estimait comblée le lendemain, même avec l'accord minimum et sans calendrier sur le processus d'adhésion. "La journée d'aujourd'hui est un jour important pour l'UE et pour la Serbie" et que l'accord auquel a abouti l'UE montre que l'Europe unie souhaite voir un jour la Serbie en son sein, déclarait-elle.

Mme Bakoyanis s'est félicitée que le Conseil ait adopté les cinq points de coopération de l'UE avec la Serbie qu'avait proposés le gouvernement grec, mettant en relief toute l'importance du volet économique et commercial de l'accord.

En marge des travaux, Mme Bakoyannis a rencontré ses homologues de Serbie, M. Vuk Jeremic, et de Grande-Bretagne, David Miliband, celui-ci déclarant partager les vues du gouvernement grec en ce qui concerne la Serbie.

Les autres points du conseil des affaires générales sur la région

Le Conseil avait inscrit également à l'ordre du jour l'examen de la situation à Gaza, Mme Bakoyannis déclarant que "le gouvernement estime qu'il faut de toute façon garantir les passages entre Israël et Gaza et qu'ils soient placés sous contrôle de l'Autorité palestinienne pour qu'il y ait des aboutissements dans la bonne voie".

Le ministre a relevé encore que les problèmes que vivent les Palestiniens dévalorisent en fait la procédure mise en place à Annapolis, déclarant "l'escalade de la tension et les violences qui font des victimes innocentes, ne peuvent il est certain aboutir à un règlement, et du point de vue humanitaire, nous nous trouvons au bord de la catastrophe".

En ce qui concerne les derniers événements au Liban, les 27 ministres de l'UE ont condamné les actions terroristes appelant à intensifier les contacts entre les partis politiques pour mettre fin à cette situation.

La situation est inquiétante, a souligné Mme Bakoyannis, et "en tant que pays nous serons autant qu'il se peut présent, considérant que la Grèce a la possibilité de contribuer, toujours dans le cadre de l'UE, à un retour au calme", concluant que "la procédure d'Annapolis ne doit pas être sapée. Malheureusement, jusqu'à présent, la procédure de fond n'a même pas commencé. Il y a eu des contacts entre les dirigeants, mais une discussion substantielle est difficile dans cette confusion, et c'est pourquoi il faut faire tous les efforts, de la part aussi de l'UE, pour aller de l'avant".

i-GR/ANA-MPA

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