Des marins grecs lancent de faux billets de dollars en l'air lors d'une manifestation devant le siège de l'Union des armateurs grecs. Louiza Vradi / REUTERS
REPORTAGE - En dépit des risques encourus par leurs marins, les armateurs helléniques comblent le vide laissé par de nombreuses compagnies internationales qui ont suspendu leurs traversées.
« Regardez, regardez, on brûle, on va tous mourir ! », hurle un marin grec. Filmée à la hâte avec un téléphone portable, la séquence montre le pont du tanker qui l'emploie en flammes, après qu'un missile iranien s'y est abattu, en pleine traversée du détroit d'Ormuz. Derrière la fumée noire, on distingue les silhouettes affolées de plusieurs marins tentant d'éteindre l'incendie. La langue de feu se rapproche dangereusement, et la vidéo s'arrête.
La scène, diffusée sur les réseaux sociaux le 1er mars, au premier jour de la riposte iranienne, a fait le tour des téléphones de la communauté maritime. Quelques heures plus tôt, les gardiens de la révolution iraniens avaient annoncé la fermeture du détroit d'Ormuz « aux pays ennemis », transformant ce passage stratégique du Golfe en zone de guerre. Deux marins indiens seront tués dans cette attaque, et quatre Grecs, blessés. Par solidarité, l'Union panhellénique des marins déclenche aussitôt une grève nationale. Mais au-delà de l'émotion…