Visite historique de Caramanlis à Ankara mercredi au milieu de provocations turques en Egée

Le premier ministre, Costas Caramanlis, quittera Athènes mercredi 23 janvier pour une visite officielle à Ankara, a confirmé le porte-parole du gouvernement, Theodoros Roussopoulos, dans son point de presse mardi, interrogé sur la position d'Athènes concernant les exercices militaires de l'armée turque prévus en Egée au même moment et alors que la ministre des Affaires étrangères déclarait avoir d'autres préoccupations !

Si le ministre a déclaré ne pas souhaiter répondre à des questions hypothétiques, le ministre des Affaires étrangères, Dora Bakoyannis, interrogé à son tour, a abrégé sa réponse en deux mots, à savoir que cette visite a été préparée et qu'elle-même n'est occupée pour l'instant que par la question de Skopje. "Je n'ai le temps pour rien d'autre", a déclaré le ministre !

Mardi, l'agence de presse turque Anatolie a publié une interview du premier ministre commentant son voyage en estimant que le moment est venu d'agir pour tonifier les relations bilatérales Grèce-Turquie.

"Je serai", a rappelé M. Caramanlis, "le premier ministre grec à visiter la Turquie après un laps de temps de 48 années. Le premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, et moi-même aurons l'occasion de focaliser sur les relations bilatérales et leur avenir". Le premier ministre souligne les progrès accomplis ces dernières années - au plan des échanges commerciaux, du tourisme, en particulier - mais également l'importance de régler des problèmes restés en suspens, tels que Chypre.

"Nous espérons que la Turquie satisfera aux critères de l'UE, qu'elle élargira ses relations avec Chypre et la reconnaîtra", a ajouté le premier ministre, concluant que les "deux pays doivent faire des efforts pour résoudre leurs différends de manière pacifique et sur la base du droit international", et espérant que "nos amis turcs serreront la main de l'amitié que leur tend la Grèce".

La visite intervient alors que la situation demeure tendue autour de l'îlot d'Imia où le bruit des armes a été évité de justesse en 1996 suite à une opération turque visant à disputer la souveraineté grecque. Tout au long de l'année dernière, les palangres des pêcheurs grecs dans la région étaient systématiquement détruites par les Turcs. Afin d'éviter des nouveaux incidents pendant le séjour de M. Caramanlis à Ankara, l'armée grecque a interdit aux pêcheurs… Grecs de s'approcher de la région, y prétextant un exercice militaire.

Si la visite n'intervient pas au meilleur moment pour les relations grecoturques, elle est -espère-t-on dans le cercle du premier ministre grec- opportune pour faire retomber la tension accumulée depuis Noël autour du scandale rose qui a éclaté avec la tentative de suicide de M. Zachopoulos, ex-secrétaire général du ministère de la Culture et proche collaborateur de M. Caramanlis.

i-GR/ANA-MPA

Total de votes : 0

Ajouter un commentaire