DVD-roses au ministère de la Culture : Comédie des mœurs… politiques.

Malgré les efforts du gouvernement de réduire en affaire privée le suicide (tentative manquée) de l'ex-secrétaire général du ministère de la Culture, Chrisos Zachopoulos, l'apparition d'un dvd rose entre les mains de Yannis Andrianos, directeur du bureau de presse du premier ministre, replace l'affaire au centre de l'actualité politique. M. Andrianos a refusé d'expliquer comment le dvd est arrivé entre ses mains, s'abritant derrière le secret professionnel et la protection des sources dont jouissent les… journalistes. Les conséquences sont désastreuses pour les deux grands partis, ND et PASOK, un sondage, cette semaine, accorde pour la première fois, plus de 10% à chacun des deux partis communistes grecs.

Le juge d'instruction devrait entendre à nouveau M. Andrianos après le refus lundi de ce dernier de dévoiler la manière dont il se procuré le dvd rose. Le dvd contient un montage de quelques minutes de scènes érotiques avec pour protagonistes M. Zachopoulos et sa proche collaboratrice Evi Tsekou. Cette dernière, 35 ans, exercerait le chantage sur l'ex-secrétaire général du ministère de la Culture pour, selon les hypothèses du moment, obtenir le renouvellement de sa convention au ministère, voire sa titularisation. Mme Tsekou, actuellement en détention préventive depuis le lendemain de la tentative de suicide la veille de Noël de M. Zachopoulos - une détention que plusieurs spécialistes commencent à douter de sa légalité - , était employée au ministère comme contractuelle et son contrat expirerait le 31 décembre.

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Femmes, argent et politique. Zachopoulos du temps de sa gloire avec celle que curieusement plusieurs médias évitent de montrer à visage découvert et même de nommer autrement que par des tournures "la femme de 35 ans", "la collaboratrice" ou "la femme-clé".

Or, après son éloignement, début décembre, à la direction de Restauration des Antiquités, les relations entre M. Zachopoulos et Mme Tsekou se seraient dégradées. C'est alors que Mme Tsekou apparaît comme faisant chanter son patron avec des révélations sur sa vie privée mais aussi sur les affaires qu'il gérait au ministère où il s'occupait du classement/déclassement des sites archéologiques et gérait d'importants fonds de subventionnement de la Communauté européenne.

Le directeur du bureau de presse du Premier ministre invoque le secret professionnel des journalistes pour protéger ses sources !

Un des moyens de pression aurait été le fameux dvd apparu entre les mains de M. Andrianos, directeur du bureau du premier ministre, Costas Caramanlis, ce dernier, au début de son premier mandat en 2004, à la veille des Jeux olympiques d'Athènes, avait cumulé avec la fonction de premier ministre celle de ministre de la Culture chargé des travaux olympiques.

M. Andrianos a refusé d'indiquer comment il s'est procuré le dvd et a reçu le soutien du porte-parole du gouvernement et ministre d'Etat, Theodoros Roussopoulos, lequel a évoqué le secret des sources journalistiques tel que défini dans les statuts de l'Union des Rédacteurs, pour justifier le refus de M. Andrianos, expliquant que les employés du bureau de presse du premier ministre disposent de la carte de presse.

"Le bureau du premier ministre n'est pas un organe de presse, pour que le secret professionnel soit invoqué", a protesté l'opposition socialiste qui dénonce une tentative de masquer la vérité et de protéger le premier ministre. De son côté, l'Union des rédacteurs de la presse quotidienne d'Athènes, syndicat professionnel des journalistes, n'a pas voulu se mouiller de la question, et, dans un communiqué, expliquait que la protection des sources s'appliquait à tous les détenteurs de la carte professionnelle, mais que cela ne leur empêchait pas d'agir en leur âme et conscience, en fonction de l'intérêt général.

Le gouvernement contre-attaque les socialistes avec les affaires liées aux JO de 2004.

Pour le moment le gouvernement bénéficie du malaise dans lequel se trouve le pari socialiste (PASOK) pour réagir à l'affaire. Un groupe de députés avait bien demandé la convocation devant la Commission des Affaires culturelles du parlement des tous les ministres de la Culture depuis le premier gouvernement Caramanlis en 2004, ce qui inclurait M. Caramanlis en personne. Mais ils n'ont réuni que 17 signatures sur les 22 nécessaires pour qu'une telle initiative aboutisse.

Or, ce sont 22 députés de la droite au pouvoir (Nea Dimokratia, ND) qui ont demandé la convocation des anciens ministres de la Culture, mais, cette fois, depuis, 1996 ! ce qui impliquerait aussi les ministre socialistes aux affaires durant les travaux olympiques. La gestion du portefeuille du ministère de la Culture étant un des plus opaques… Au Pasok, le président du parti, Georgios Papandreou, a convoqué une réunion pour ce mercredi avec la participation, pour la première fois depuis les primaires de novembre dernier, de son ex-concurrent Evangelos Venizelos qui avait été ministre de la Culure sous le gouvernement socialiste de M. Simitis, et actuellement membre de la Commission des Institutions et de la Transparence au Parlement.

Dans leur lettre au président de la commission parlementaire, M. Kollias-Tsarouchas, les parlementaires de la majorité notent que "la demande soumise par des députés du PASOK et membres de la commission de convoquer devant elle tous les ministres de la Culture ayant assumé cette fonction depuis le 7 mars 2004 à ce jour constitue - indépendamment des raisons évoquées de toute évidence infondées - une raison justifiée pour faire la demande, conformément à l'article 41A du règlement du Parlement, de la convocation de tous les ministres de la Culture à ce poste depuis le 25 septembre 1996 à ce jour, à savoir une période au cours de laquelle ont été réalisés des événements culturels onéreux, avec en point d'orgue les préparatifs des JO de 2004, afin d'informer le Parlement et le peuple grec de la gestion des montants considérables de fonds publics qui ont été versés au cours de cette période".

Nea Dimokratia et PASOK paient cher l'affaire dans les intentions de vote

Décidément, le gouvernement a demandé à ses députés de passer à la contre-attaque. Travaux olympiques contre travaux archéologiques. Des pots différents mais quels vins les remplissaient et au bénéfice de qui ? Il est peu probable qu'une réponse à cette question soit apportée par les auditions de la Commission parlementaire, la manœuvre étant davantage destinée à taire la question et à faire taire l'opposition. Ce que semblent avoir très clairement compris les électeurs qui, dans un sondage de l'institut de Μetron Analysis pour le compte de la chaîne Ant1 TV, réalisé aux premiers jours de la nouvelle année, font perdre 7 points au parti gouvernemental de Nea Dimokratia qui passe de 34,6% à 27,6% depuis le dernier sondage le 14-15 novembre. Le PASOK recule, lui aussi, de 5 points de 31,4 à 26,3% laissant toujours le leadership à la Nea Dimokratia avec 1,3% d'avance. Les principaux bénéficiaires, selon le sondage, sont les deux partis communistes, l'officiel KKE qui passe à 8,4% des intentions de vote et la coalition de la gauche radicale, SYRIZA, ex-Synaspismos, qui monte à 7,9%. Les intentions de vote rapportées en pourcentage de votes valides, font passer ces deux partis au dessus de la barre symbolique des 10%, respectivement à 10,9% et à 10,3% ! Le petit parti de la droite traditionaliste, LAOS, bénéficie très peu de la désaffection des électeurs grecs des grands partis et reste stable à 3,9% (5,1% dans le report aux votes valides).

Dans l'attente des révélations du deuxième suicide

Des nouvelles révélations qui échappent au contrôle du gouvernement ne sont pas exclues dans les jours à venir si les juges parviennent à mener l'enquête sur la deuxième tentative de suicide lié à l'affaire, celle d'un des avocats de Mme Tsekou, Irakllis Koutelidas, lequel s'est jeté sous les roues d'un camion le 4 janvier. La police est en train de passer au peigne fin la lettre de 15 pages qui a été trouvée sur lui au moment de l'accident, et où pas moins de 15 noms sont cités. Or, différents journaux disposent déjà de cette lettre.

Nouveau secrétaire général du ministère aux pouvoirs réduits

A la place de M. Zachopouos, qui apparaissait à plusieurs égards comme l'homme fort du ministère de la Culture, le ministre M. Liapis a fait connaître le nom du successeur en la personne de M. Theodoros Dravillas, un… ingénieur de 40 ans et titulaire d'un MBA en Management et Gestion d'ouvrages. Inconnu du sérail culturel mais un homme de confiance du temps où M. Liapis était ministre de Transports.

i-GR

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