Démission du ministre de l'Emploi qui embauchait au… noir !

Décidément le ministère de l'Emploi a bien du mal à garder ses ministres. Son dernier occupant, Vassilis Magginas, a présenté samedi matin sa démission au premier ministre, Costas Caramanlis, qui l'a acceptée, après que la presse athénienne eut révélé l'inexistence de contrat de travail de son jardiner, simple invité… humanitaire qui s'occupait pour passer son temps, selon le ministre ! Une charge bien ciblée pour le ministre en charge de la réforme de la sécurité sociale, mais à peine eut-il le temps de s'expliquer qu'un deuxième tir finissait par faire perdre l'emploi au ministre de l'Emploi. La villa du ministre aurait été construite avec le permis d'une baraque à frites et limonades !

M. Magginas a été remplacé sur le champ par Fani Palli-Petralia, ex-ministre du Développement touristique. Le nouveau ministre prêtera serment lundi 17 en présence du président

Fani Palli-Petralia

Fani Palli-Petralia, avait été ministre du Développement touristique lors du premier mandat (2004-2007) de Nea Dimokratia, mais été restée sans portefeuille après les élections de septembre dernier. Elle revient donc dans l'organigramme gouvernementale et récupère lourd dossier de reforme de la Sécurité sociale. Le porte-parole du gouvernement, Theodoros Roussopoulos, a, lui, insisté sur la volonté du gouvernement d'aller de l'avant dans la réforme.

Les révélations sur les irrégularités de l'emploi d'un couple d'Indous qui surveillait la résidence, entretenait le jardin et faisait les courses du ministre, parues dans le journal dominical Proto Thema, ses tombées quelques jours avant de la grande manifestation syndicale mercredi contre la reforme de la Sécurité sociale, dont le ministère de M. Magginas avait la charge.

Pour le ministre démissionnaire, il s'agissait d'un couple avec trois enfants qu'il accueillait gratuitement dans un annexe de sa résidence secondaire. Des explications qui n'ont pas convaincu d'autant qu'une autre affaire concernant l'embauche de sa fille aux Telecoms grecs (OTE) sans concours venait à la lumière sur les colonnes du quotidien Ethnos.

Le coup de grâce est tombé samedi avec Le Monde de l'investisseur qui révélait que la résidence secondaire du ministre à Koropi, dans une zone non constructible du mont Hymette en Attique, était illégale car construite avec un permis de cantine pour rafraîchissements, seules constructions autorisés avec les centres culturels, le installations sportives et des maisons de retraite. M. Magginas n'a pas démenti l'information mais a défendu la légalité de l'opération car toutes les constructions dans la région étaient faites avec le même... artifice.

M. Magginas avait succédé au ministère de l'Emploi à Savvas Tsitouridis lequel avait, lui, démissionné en avril 2007 suite au scandale des obligations d'Etat revendues pour 280 millions d'euros aux mutuelles des fonctionnaires et dégageant au passage quelques juteuses commissions pour des bénéficiaires toujours pas identifiés. M. Tsitouridis succédait à M. Panagiotopoulos, ministre non reconduit lors du remaniement gouvernemental de février 2006.

i-GR/ANA-MPA

Total de votes : 0

Ajouter un commentaire

Ça pourrait aussi vous intéresser...