La Grèce et la France explorent les possibilités de coopération militaire sur fond de Rafale

meimarakis alliot

Le ministre de la Défense, Vanghelis Meïmarakis, a été reçu jeudi à Paris par son homologue français, Michèle Alliot-Marie, l'occasion de constater l'identité de vue entre la Grèce et la France sur toute une série de dossiers concernant l'OTAN et l'UE, en particulier l'impératif de promouvoir la Politique européenne de sécurité et de défense. La question de la vente du Rafale à la Grèce a été également abordée, bien que la stratégie de Paris passe désormais par un discours axé davantage sur la coopération que sur la vente directe.

M. Meïmarakis et Mme Alliot-Marie se sont dits satisfaits de l'excellent niveau des relations bilatérales au plan militaire et de l'industrie de défense, en particulier aussi après la déclaration commune greco-française concernant la Politique européenne de sécurité et de défense en septembre dernier. Concernant la coopération entre l'UE et l'OTAN, les deux ministres ont souligné le besoin de respecter les principes de la complémentarité et de l'autonomie de chacune des organisations

Dans des déclarations à l'issue de l'entrevue, M. Meïmarakis s'est félicité de son "entretien constructif" avec Mme Alliot-Marie, soulignant "la compréhension mutuelle et l'identité de vues sur de très nombreuses questions concernant l'avenir de l'Europe". "Il existe une communication continue entre les états-majors des deux pays, et nous sommes convaincus que cette concertation et cette coopération avec la France est au profit des citoyens de nos deux pays, mais aussi plus généralement de la paix, de la sécurité et de la démocratie", a souligné le ministre.

Interrogé par la presse sur les opportunités de coopération des industries de défense des deux pays, M. Meïmarakis a évoqué les potentialités de participation à des programmes communs de recherche et de technologie, une coopération profitable, a-t-il observé, aux économies des deux pays, également au niveau de l'emploi, renvoyant aussi aux avantages que peut tirer la Grèce de sa participation aux programmes d'un pays très avancé dans ce domaine.

Invitée de son côte à dire s'il avait été question lors de ces entretiens des perspectives de vente de l'avion de combat Rafale à la Grèce, Mme Alliot-Marie a tranché que la discussion "avec un ami" ne se pose pas en termes d'acheteur et de vendeur. Mme la ministre envisage peut-être offrir un Rafale à la Grèce en signe d’amitié… En échange, et en bon ami, la Grèce pourrait bien lui rendre le prix de l’appareil en euros…

Toutefois, la ministre a reconnu que cette question avait bien été évoquée en fin de rencontre et Mme Alliot-Marie a souligné que l'objectif pour la France est de créer une relation de confiance qui puisse s'exprimer dans le cadre d'une action commune, à la fois au plan opérationnel et de la formation, faisant valoir à ce point un maillon supplémentaire entre Athènes et Paris que constitue la "vision commune" sur le rôle que peut jouer l'Europe dans le monde au plan "politique, culturel et économique". Paris prend désormais ses précautions pour que les reports successifs de l’intérêt grec pour le Rafale n’apparaissent comme un échec de la négociation.

Sur la base de cette vision commune pour l'Europe, Mme Alliot-Marie a expliqué que des armements communs constituent une base facilitant des actions et une formation conjointes, une base également pour un échange de technologie, insistant à ce sujet que les relations ont lieu sur un pied d'égalité qui permettra d'approfondir encore davantage la coopération bilatérale.

M. Meïmarakis a rencontré également l'ancien premier ministre et président de la commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale, Edouard Balladur, ainsi que des membres de la commission, une entrevue centrée sur les dossiers de l'UE avec en pointe le renforcement des institutions européennes.

M. Meïmarakis est accompagné du président de la commission de défense et des Affaires étrangères du Parlement, Panos Kammenos, et du président du Groupe d'amitié du Parlement grec avec l'Assemblée nationale française, Christos Zoïs.

La veille, M. Meïmarakis s'est rendu au Musée de l'Armée et aux Invalides, où il a visité le tombeau de Napoléon.

i-GR/ANA-MPA

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