Le chef des chyproturcs torpille le marathon nocturne pour le règlement pacifique de la réunification de Chypre

chypre annan LaHaye

Le Secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, s'est entretenu hier toute la journée avec les chefs des communautés chypriotes grecque et turque pour tenter d'obtenir leur aval au plan de paix de l'ONU pour Chypre qui permettrait à Chypre d'adhérer le mois prochain à l'Union européenne (UE) en tant qu'île réunifiée. A quatre heures ce matin, face à l'inflexibilité turque, le constat ultime de l'échec était fait.


Le 28 février, le Secrétaire général avait invité les chefs des deux communautés, MM. Papadopoulos et Denktash, à le rejoindre à La Haye le 10 mars pour lui communiquer leurs réponses aux propositions de paix révisées du Secrétaire général. En cas d'acceptation des deux parties, ce plan devait être soumis à deux référendums séparés et simultanés le 30 mars. Un document de deux pages intitulé «Engagement à soumettre l’accord de base à l’approbation de référendums distincts et simultanés afin de parvenir à un règlement global du problème de Chypre» leur était soumis.

L'invitation initiale comprenait également les dirigeants grecs, turcs et britanniques, en tant que puissance garantes de la sécurité de l'île, mais ceux-ci ont préféré se prononcer après l'accord des deux parties chypriotes.

Plusieurs tentatives dans la journée du lundi avaient échoué à rapprocher les points de vue des deux dirigeants. Un dernier rendez-vous avait été pris pour 23h00. Des modifications apportées à la dernière minute tentaient à, au moins, sauver le processus des discussions en retardant d'une dizaine de jours le référendum proposé par l'ONU.

Peu après minuit, le Président de Chypre Tassos Papadopoulos a été appelé à rejoindre Kofi Annan qui était déjà en réunion avec le chef chyproturc Raouf Denktash. M. Papadopoulos est sorti quelques minutes plus tard disant "ils ne sont pas prêts encore". Finalement la rencontre commune entre MM. Papadopoulos et Denktash a commencé à 1h00 ce mardi matin, avec 13 heures de retard sur le planning initial. A deux heures du matin, le State Departement américain mettait tout son poids dans la balance apportant son soutien au plan onusien. "Nous croyons que c'est un plan juste", déclarait depuis Washington le porte-parole Richard Boucher. En vain.

Une demi-heure après les deux leaders sont sortis de la salle et M. Annan a consulté les délégations grecque, turque et britannique. Le processus était bel et bien arrivé à son terme sans résultats. Il ne restait plus qu'à constater l'échec avec la deuxième rencontre commune qui a commencé peu après 2h00 du matin. A 3h00 le Président Papadopoulos sortait le premier déclarant "nous n'avons abouti à rien, Denktash n'accepte pas les propositions de Monsieur Annan".

Kofi Annan avait un dernier entretien avec les délégations des pays garants. Vers 6h30, le représentant spécial du secrétaire général de l'ONU Alvaro de Soto confirmait l'échec : "Malheureusement les efforts pacifiques n'ont pas rencontré de succès. Nous sommes arrivés au bout du chemin", dira-t-il.

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