Simitis: Nous avançons vers le sommet de Copenhague comme prévu

simitis paris

C'est sous une pluie glacée que le Président Jacques Chirac a accueilli le Premier ministre grec Costas Simitis hier après-midi au Palais de l'Elysée. Cela n'a pas empêché la rencontre d'être "amicale et cordiale", selon M. Simitis. Malgré le froid et la pluie, à la fin de l'entretien, M. Chirac a accompagné le Premier ministre jusqu'à sa voiture. La visite revêtant un caractère de rencontre de travail, il n'y a pas eu de déclaration commune sur le perron de l'Elysée, mais M. Simitis a fait, dans la soirée, le point sur ses entretiens avec M. Chirac et son Premier ministre M. Raffarin, lors d'une rencontre avec la presse dans les locaux de l'Ambassade de Grèce à Paris.


"Le but de ma visite, en Grande Bretagne la semaine dernière, en France aujourd'hui et en Allemagne à la fin de la semaine, est de réaffirmer les positions grecques et de vérifier qu'il n'y a pas de problème en vue de la présidence grecque de l'Union Européenne en janvier 2003", a dit M. Simitis.

Les principaux points abordés lors de ces rencontres sont l'élargissement de l'Union Européenne et l'adhésion de Chypre, la politique de défense commune, la situation internationale et notamment le problème posé par l'Irak, la politique agricole ainsi que des questions de coopération bilatérale. "Sur la plupart des sujets, M. Chirac m'a affirmé qu'il suivra la ligne des décisions de l'Union Européenne", a dit M. Simitis. Quant au processus d'adhésion de Chypre, "il se déroule sans difficultés particulières et sans oppositions. La signature de son adhésion devrait se faire indépendamment du règlement du problème politique conformément aux décisions d'Helsinki. Il y a bien sûr les pourparlers qui se déroulent en parallèle au niveau de l'ONU mais les turcochypriotes n'ont soumis aucune proposition constructive. Quel que soit l'accord final, il doit être conforme aux résolutions des Nations-Unies et il doit garantir sa viabilité".

A l'Elysée, les journalistes turcs étaient presque aussi nombreux que leurs collègues grecs à attendre l'issue des entretiens de M. Simitis avec M. Chirac. Ils ont fait part à iNFO-GRECE de leur impatience à voir le processus d'adhésion de la Turquie accéléré et ils espéraient que Monsieur Simitis obtiendrait de M. Chirac l'accord pour qu'une date de début des négociations entre l'UE et la Turquie soit proposée au sommet de Copenhague. Nous avons profité pour demander un commentaire sur la question à M. Simitis qui nous a dit que "L'Union Européenne doit donner un signal fort d'encouragement à la Turquie à rejoindre l'Europe", mais il n'a pas précisé la forme que pourrait revêtir ce "signal fort". M. Simitis attend une visite "très rapidement" du nouveau Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan à Athènes pour "avoir une meilleure image" de la nouvelle donne politique de la Turquie.

"La conclusion générale de ce voyage est positive", a estimé le Premier ministre grec soulignant le fait que "nous avançons vers le sommet de Copenhague de la manière dont nous l'avions planifié. Les accords d'élargissement de l'Union Européenne avec les nouveaux pays seront signés sous la présidence grecque à Athènes le 16 avril 2003. Nos priorités [à la présidence] seront la continuation des accords de Lisbonne concernant l'économie mondiale, les problèmes sociaux relatifs à la cohésion sociale, le plein emploi et la résorption du chômage ainsi que la révision de la Politique agricole commune".

Ce dernier point semblait préoccuper plus particulièrement le Premier ministre grec qui a voulu envoyer un message aux paysans grecs. "Il faux que la nouvelle Politique Agricole Commune soit un levier pour le développement des campagnes", a-t-il dit. Concernant les critiques formulées par l'opposition en Grèce sur la révision à la baisse des subvenions, M. Simitis a insisté sur le fait que "l'on ne doit pas se préoccuper seulement des montants alloués mais aussi et surtout de la manière dont ils sont alloués. Les aides doivent aller aux petites et moyennes exploitations et ne pas privilégier les cultures qui ne peuvent se faire que sur les grandes surfaces".

Les autres points abordés par M. Simitis dans sa rencontre avec la presse ont été l'immigration clandestine un chapitre sur lequel la Grèce très exposée dans ses frontières extérieures demande le partage de l'effort avec l'Union Européenne. "Nous ne pouvons pas garder les frontières de l'Europe les plus difficiles et être seuls à porter la charge qui rien que pour le renvoie des clandestins s'élève à 5 millions d'euros", a-t-il dit notamment.

Concernant l'éventualité d'une intervention américaine en Irak, M. Simitis a dit qu'il s'est trouvé sur la même longueur d'ondes que M. Chirac à savoir que toute action en Irak doit être conforme aux résolutions de l'ONU.

Quant aux relations France-Grèce, M. Simitis a estimé qu'elles étaient "très bonnes. La France joue un rôle important dans nos échanges commerciaux mais le bénéfice de cette relation est mutuel".

Enfin, M. Simitis a souhaité que la Convention sur l'avenir de l'Europe présidée par l'ancien Président de France, Valery Giscard d'Estaing, avance rapidement pendant la présidence grecque, M. Giscard d'Estaing devant visiter la Grèce le 20 février 2003.

iNFO-GRECE/AE

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