Nouvelle violation de l'espace aérien grec par l'aviation turque

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Pendant que le ministre grec des Affaires Etrangères Andreas Papandreou vantait les succès de la délégation grecque au sommet européen de Séville des 21 et 22 juin, les amis (militaires) de son ami personnel et homologue turc I. Cem, envoyaient leur aviation faire une promenade (illégale) dans le ciel grec.

Il faut dire que le moment était propice, l'aviation grecque étant occupée à la recherche des débris d'un Fantom grec qui s'était écrasé la veille sur le mont Dirfy. Pas moins de 40 avions turcs ont dû être interceptés et repoussés hors de l'espace aérien national par l'aviation grecque.

La veille, c'était à Chypre de recevoir la visite de l'aviation turque où deux R-F4 et deux F4 ont violé le FIR de Nicosie et comme le paysage était joli et le ciel dégagé, ils en ont profité pour faire quelques photos des bases de la Garde Nationale chypriote.

A partir du 1er juillet la Grèce prend la charge tournante de la Politique de l'Union Européenne en matière de Défense commune. Au dernier sommet de Seville, les Grecs ont essayé sans succès d'annuler l'accord américano-britannique avec la Turquie qui donne à cette dernière un droit de regard à l'utilisation des moyens de l'Otan par la future armée européenne. Seule concession accordée à la délégation grecque, la promesse que cet accord perdrait son caractère autonome et qu'il serait rediscuté dans le cadre des Institutions européennes. Malgré la promesse inespérée d'un calendrier pour l'adhésion de la Turquie à l'Union Européenne accordée par le ministre espagnol des Affaires étrangères dont le pays assure jusqu'à la fin du mois la Présidence tournante de l'UE, la délégation turque a refusé catégoriquement toute remise en cause de ce texte.

Le fait qu'à partir du 1er juillet, les Grecs devront négocier avec eux-mêmes ne facilite pas les choses. L'absence de propositions du gouvernement grec ne permet pas davantage à l'Union européenne de mieux appréhender les subtilités des équilibres régionaux.

A défaut de pouvoir anticiper les nouvelles donnes dans les alliances géo-politiques, les Grèce se contente en effet de demander un traitement symétrique chaque fois que la Turquie marque un point sur la scène internationale. C'est ainsi que quand la Turquie obtient que les forces armées de l'Union européenne ne doivent pas être utilisées contre un pays de l'Otan - et ainsi au besoin la Turquie peut agir tranquille contre la Grèce et Chypre - la Grèce demande aussi tôt que les moyens de l'Otan ne puissent être employés contre un pays de l'Union européenne.

Les incursions permanentes de l'aviation turque dans les espaces aériens grecs et chypriotes viennent pourtant rappeler régulièrement que les Turcs n'ont pas forcement besoin de l'Otan pour faire pression quand bon leur semble.

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