Latin et grec supprimés à Princeton: «Et si l'Antiquité était au contraire meilleur guide pour l'avenir?»

«C'est en voulant restaurer l'Antiquité que la Renaissance du XVe siècle a fait naître notre modernité» AFP

«C'est en voulant restaurer l'Antiquité que la Renaissance du XVe siècle a fait naître notre modernité» AFP

Raphaël Doan est magistrat et premier adjoint au maire du Pecq (78). Agrégé de lettres classiques et ancien élève de l'ENS et de l'ENA, il a publié Quand Rome inventait le populisme (Éd. du Cerf, 2019) et Le Rêve de l'assimilation (Passés composés, 2021).

Depuis quelques mois, les milieux universitaires américains sont agités par une polémique improbable: l'étude du monde gréco-romain serait-elle un repaire du fameux «racisme systémique»? Accusés à la fois d'avoir servi de justification aux pratiques coloniales du XIXe et du XXe siècles, d'usurper la place de langues antiques moins connues et d'être un obstacle à la diversité sociale dans l'enseignement supérieur, le grec et le latin voient leur prééminence remise en cause par des militants adeptes de la «critical race theory». Si certains ne voulaient y voir qu'un salutaire débat sur le sens de leur discipline, il faut se rendre à l'évidence: cette offensive sert désormais à justifier la suppression du latin et du grec dans l'enseignement supérieur américain. Au nom de la lutte contre le racisme systémique, la célèbre université de Princeton vient d'annoncer que le latin et le grec...

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l’OMS utilisera désormais les lettres grecques pour les variants du Covid-19

Ainsi,

-le variant B.1.1.7, d’abord identifié au Royaume-Uni, a été baptisé Alpha,

- le B.1.351, identifié pour la première fois en Afrique du Sud, devient Beta,

- et le variant P.1, détecté au Brésil, Gamma.

L’OMS a donné

deux noms différents aux sous-lignées distinctes du variant B.1.617, qui a ravagé l’Inde et s’est étendu à des dizaines de pays :

B.1.617.2 devient ainsi Delta

et B.1.617.1 devient Kappa.

Racisme: comment le mythe des statues grecques a alimenté la fausse idée de la supériorité européenne (BBC Afrique)

Ce n'est qu'à la fin du XVe siècle que l'intérêt pour l'Antiquité s'éveille. C'est le début de la période qui sera connue sous le nom de Renaissance.

"Le mythe de la sculpture en marbre blanc a été inventé par la Renaissance italienne. La Renaissance voulait se distinguer de ce qui existait avant l'art chrétien. Ils voulaient revenir à l'antiquité, à l'ère préchrétienne, pour avoir une image iconique de ce qui avait été créé. Ils ont alors ressuscité l'antiquité et l'ont définie comme blanche ".

À cette époque, des sculptures grecques et romaines ont été redécouvertes dans l'ancien territoire de l'Empire romain. Et les artistes de la Renaissance ont essayé de reproduire ces œuvres.

Des pièces emblématiques de la Renaissance, comme le David de Miguel Angel,

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"L'Europe n'était pas très instruite. Mais elle voulait se débarrasser de l'oppression de l'Église. Ils ont donc produit un idéal", explique Vinzenz Brinkman.

Et il ajoute que, "ainsi, le marbre blanc et le bronze sombre en viennent à être utilisés comme un symbole de sophistication dans la pensée européenne."

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" ... les nations sauvages, les peuples primitifs et les enfants sont très attirés par les couleurs vives, les animaux sont perturbés par certaines couleurs, et les hommes sophistiqués évitent les couleurs vives dans leurs vêtements et dans l'environnement qui les entoure, cherchant généralement à s'en éloigner." (ohann Wolfgang Goethe ,"Théorie des couleurs." )

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Malgré cela, la dévaluation de la couleur se poursuivait. Il suffit de dire qu'en 1938, le British Museum de Londres a appliqué un polissage intense à un morceau de marbre prélevé sur l'Acropole, à Athènes, jusqu'à ce qu'il soit blanc et brillant.

Je me demande ce que mes ancêtres penseraient de cela. Dans sa version originale, l'Acropole était un festival de couleurs .

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"En remontant au début du XXe siècle, nous pouvons comprendre comment cette nouvelle position esthétique radicale s'est développée, étape par étape. Le fascisme européen y a beaucoup contribué, par une forte réticence à accepter les formes détaillées, l'ornementation et l'utilisation de couleurs différentes", explique M. Brinkmann.

Il explique qu'une figure colorée reflète le mieux les émotions individuelles. Désormais, dans une seule couleur, souvent blanche, il est possible de projeter n'importe quelle idéologie.

Pour les nazis, l'absence de couleur reflétait un homme plus moderne, sophistiqué et supérieur. Et cela a été utilisé pour justifier leurs idéologies génocidaires.

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