La leçon du camp de Moria

Au cours de son point de presse sur les incendies ayant ravagé le camp de Moria à Lesbos les 9 et 10 septembre dernier, le porte-parole du gouvernement grec, Stelios Petsas, déclarait: «Ils pensaient que s'ils mettaient le feu à la Moria, ils pourraient quitter l'île. Peu importe ce que les pyromanes avaient en tête, ils peuvent l'oublier.»

La manière dont ces incendies ont été allumés n'est pas encore confirmée mais ce que M. Petsas laisse entendre, à savoir que les réfugiés ont mis le feu au camp pour pouvoir s'enfuir, nourrit encore l'entreprise de déshumanisation de Lesbos. Le simple fait de laisser penser qu'incendier sa propre maison est un pas vers la liberté devrait suffire à remettre en question l'existence même de «Moria».

Le terme de maison était déjà trop erroné pour les personnes touchées par l'incendie dont les «foyers» consistaient en des conteneurs, des cabanes et des tentes qu'ils partageaient avec plus de 12 000 autres demandeurs d'asile dans des conditions de salubrité déplorables. Aujourd'hui, ils sont livrés à la rue, sur les cendres d'un camp qu'ils honnissaient, symbole d'une forme de maltraitance de leur dignité, et où il leur sera...

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