Rapport annuel de la Banque de Grèce : récession au delà des 2% en 2010

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Le gouverneur de la Banque de Grèce (BdG), Georges Provopoulos, prévoit une récession plus profonde que les 2% avancés en 2010, dans le Rapport annuel de la Banque centrale grecque, en exhortant le gouvernement de procéder à une plus grande diminution du déficit budgétaire.

M. Provopoulos, qui souligne que la crise actuelle est sans précédent pour les données de l'après-guerre en Grèce, avertit qu'elle ne pourra être surmontée avec des logiques du passé, avançant le chiffre d'une récession supérieure à 2% en 2010, alors que pour 2009, la dette pourrait dépasser les 120% et le déficit les 13,6%. En tenant compte de ces facteurs, le rapport de la BdG n'exclut pas que le chômage atteigne 11%.

Le gouverneur de la BdG reconnaît que les développements défavorables en économie et l'ébranlement de la crédibilité des marchés touchent finalement aussi le système bancaire, ce qui conduit à l'appréciation que la demande d'activation du mécanisme de soutien financier constitue une évolution positive.

Les changements qui sont nécessaires, souligne M. Provopoulos, sont extrêmement urgents, et le chemin pour sortir de la crise sera long et difficile, d'où la nécessité "d'efforts plus nombreux et de plus longue durée de la part de tous".

Pour renverser les tendances défavorables, ajoute le gouverneur de la BdG, il faudra surprendre positivement les marchés, étant donné que l'attitude actuelle des marchés résulte pour sa majeure partie du grand déficit de confiance et de crédibilité dont continue de souffrir l'économie grecque. A cela s'ajoute, toutefois, les inquiétudes sur la compétitivité et la croissance de l'économie grecque, deux paramètres dont dépendra la capacité de servir sans problème la dette publique à l'avenir.

Dans ce contexte, M. Provopoulos recommande que l'adaptation budgétaire pour le volet des dépenses avance encore plus que ce qui a été programmé, de sorte à ce que la diminution du déficit excède même les 5% du PIB, surtout si l'on tient compte du fait que le déficit pour 2009 a été relevé à 13,6% et sans exclure une nouvelle correction vers le haut. Cette adaptation, poursuit le gouverneur de la BdG, est possible s'il y a, avec une plus grande détermination et des rythmes plus rapides, restriction des gaspillages et fusion, voire suppression, d'organismes du secteur public qui n'ont aucune raison d'être.

La BdG retient comme "outil" de l'adaptation budgétaire la réduction des dépenses, faisant valoir qu'une éventuelle nouvelle augmentation des coefficients d'imposition fiscale aurait des conséquences tragiques sur l'activité économique, conduisant à des résultats inverses que ceux recherchés, à savoir une plus grande contraction au lieu d'une augmentation des recettes.

M. Provopoulos estime que l'accélération de l'adaptation budgétaire dès l'année en cours aidera à diminuer le coût du recours à l'emprunt pour l'Etat, avec des conséquences positives en chaîne sur le coût de l'emprunt pour les banques et par extension pour les entreprises et ménages.

i-GR/ANA-MPA

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