Les Grecs votent entre alternance et continuité

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Près de dix millions d'électeurs sont appelés à départager aujourd'hui les deux grandes familles politiques de la Grèce, les conservateurs de Nea Dimokratia et les socialistes du PASOK, deux partis fondés au lendemain de la chute des colonels en 1974, et dirigés par les héritiers des fondateurs respectifs Konstantinos Karamanlis et Andreas Papandreou.

Sur les 9.835.007 inscrits, dont 5.076.727 femmes et 4.758.280 hommes, 2,5% votent pour la première fois et pourraient faire pencher la balance à gauche.

Cependant, Georges Papandreou, l'actuel leader du PASOK et fils du fondateur du mouvement socialiste grec devrait obtenir une majorité absolue pour pouvoir mettre en œuvre son programme. Le parti communiste (KKE) ayant exclue toute participation au gouvernement, le seul allié qui reste est la gauche radicale rassemblée dans le SYRIZA, aussi imprévisible dans le comportement qu'il est instable idéologiquement, tiraillé entre un communisme réformateur et l'extrême-gauche révolutionnaire.

Mais le dilemme entre changement et continuité n'est qu'une fausse question, puisque la grande majorité de Grecs espère davantage un changement d'hommes qu'un changement de politique. Ce qui pourrait s'avérer un handicap pour Georges Papandreou à qui on reproche un manque de charisme sans pour autant lui reconnaître les avantages de la froideur technocratique.

A droite, la grande inconnue est la mobilisation des électeurs conservateurs qui donnent des signes de lassitude envers le premier ministre sortant Costas Caramanlis, le leader de Nea Dimokratia et neveu du fondateur du parti. Caramanlis s'était fait une image d'intégrité et d'honnêteté, dans la ligne de son oncle, mais plusieurs scandales ont éclaboussé des ministre de premier plan de son gouvernement, et la gestion de ces affaires a été plutôt cafouilleuse. Et, pour quelqu'un qui promettait la transparence, aucun des grands scandales qui ont éclaté durant ses deux derniers gouvernements, qu'ils concernassent la droite ou la gauche, n'a été éclairci !

Puis, deux partis disputent à M. Caramanlis le label d'honnêteté : à droite, le populiste LAOS de Karatzaferis et, à gauche, le communiste KKE dirigé avec fermeté par la non moins populaire Aleka Papariga. Ils pourraient être les grands gagnants de ce scrutin.

Résultat donc ce soir. La tendance devrait s'éclaircir aux alentours de 22h00 locale, 21h00 sur le faisceau Paris-Bruxelles.

i-GR/AE/ANA-MPA

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