La Grèce en élections législatives anticipées

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Lors d'une allocution télévisée, mercredi en fin d'après-midi, le premier ministre Costas Caramanlis a annoncé son intention de convoquer des élections législatives avant le terme du mandat actuel, une initiative qu'il a justifié par l'état de l'économie mais surtout par le fait que l'opposition socialiste avait déjà annoncé vouloir provoquer des élections anticipées à l'occasion de l'élection du président de la République, prévue en en mars prochain.

Dans son allocution, M. Caramanlis s'est référé longuement à la crise économique - l'année 2010 devant être particulièrement difficile, a-t-il dit - et aux reformes qui doivent accompagner la crise économique afin que la Grèce y fasse face.

Faisant son autocritique pour les reformes qui n'ont pu avancer suffisamment pour cause des réactions diverses, il a mis en garde que "si on n'agit pas immédiatement, le danger sera grand pour le pays". Parmi les priorités, M. Caramanlis a cité le ménage au sein de l'Etat, le combat contre l'évasion fiscale et les reformes structurelles.

"Les conséquences de la crise sont visibles dans notre pays aussi, et deux années difficiles sont attendues. Mais si nous refusons de voir en face la vérité", a poursuivi le chef du gouvernement, "le coût en sera insupportable, les illusions ne réglant en aucun cas les problèmes".

"Mon objectif était de conduire ces changements d'ici le terme du mandat du gouvernement, mais", a-t-il ajouté, "l'annonce de l'opposition de de conduire le pays dans des élections anticipées à l'occasion de la réélection du président de la République en mars 2010, allait créer à une longue période préélectorale, avec des conséquences catastrophiques".

Le parti socialiste (PASOK) de Georgios Papandreou bien qu'étant d'accord avec le gouvernement pour la reconduite à la présidence de la République de l'actuel président M. Papoulias, avait, en effet, annoncé qu'estimant que le pays avait besoin de changer de gouvernement, il n'allait pas voter la réélection du président, ce qui avait pour conséquence automatique la convocation de nouvelles élections législatives.

Créditant M. Papandreou de "comportement inadmissible" et de "visées micropoliticiennes inouïes", tout autant que de "chantage politique", M. Caramanlis a conclu que sa décision d'anticiper les échéances était un acte de responsabilité et que l'intérêt du pays était d'avoir un paysage politique clair, enfin, il a demandé un nouveau mandat populaire.

M. Caramanlis n'a pas indiqué de date pour ces élections, amis des milieux informés estimaient qu'elles pourraient avoir lieux le 4 octobre prochain.

M. Caramanlis conduira selon toute vraisemblance la liste des conservateurs de Nea Dimokratia (ND). Il briguera ainsi un troisième mandat consécutif. M. Caramanlis avait été réélu en octobre 2007 après des élections anticipées convoquées juste avant les incendies qui avaient ravagé, à l'époque, le Péloponnèse. La semaine dernière, les incendies avaient pris de l'avance brûlant, cette fois, le nord-est de l'Attique. L'annonce du premier ministre avait été précédée ce matin d'une forte explosion d'une bombe à la Bourse d'Athènes et une autre au ministère de Macédoine-Thrace à thessalonique.

A noter que la semaine prochaine ouvrira la Foire de Thessalonique, important rendez-vous de l'économie grecque où a lieu traditionnellement la rentrée politique et sociale, avec le défilé des tous les ténors de la politique et leurs habituels points de presse.

Papandreou : des élections anticipées seraient un aveu de l'échec de Caramanlis

Le président du PASOK, Georges Papandreou, a présidé mercredi la réunion de l'organe de coordination parlementaire du parti, et souligné à cette occasion que "tout recours aux urnes serait un aveu de défaite et des impasses de M. Caramanlis. Cela constituerait une fuite par le biais des élections ".

M. Papandreou a encore souligné que le premier ministre ploie sous le poids des impasses qu'il a lui-même créées, tout en insistant sur le fait que "tout éventuel remaniement ministériel ne concerne pas la société et les problèmes réels du pays, ni ne change la politique catastrophique de gaspillage et d'injustice pour le pays".

Le président du PASOK a encore accusé le premier ministre de faire fi du mandat qui lui a été confié par le peuple, et de l'utiliser pour servir les grands intérêts et les relations clientélistes, ajoutant que "les mensonges sont finis désormais pour le gouvernement et le premier ministre qui n'est même pas capable de gérer la crise économique, d'élaborer un budget, de contrôler son parti ni de diriger son gouvernement".

Il a par ailleurs mis en évidence que "l'ajournement de deux ans, qui sera probablement accordé par la Commission européenne pour la réduction du déficit budgétaire, ne servira à rien, parce que l'économie, conduite dans l'impasse par les politiques néolibérales de la ND, ne pourra être remise sur pied non pas dans deux ans, mais ni même dans douze ans".

M. Papandreou a conclu son intervention en dénonçant que "la ND a conduit le pays dans une situation inacceptable et au-delà de son droit de s'autodétruire, le parti gouvernemental n'a pas le droit de détruire le pays, les perspectives de l'économie et les familles grecques".

i-GR/AE/ANA-MPA

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