Rencontre du premier ministre Caramanlis avec le président de la BCE

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Les remous sur les marchés financiers et la situation actuelle de l'économie, tant au niveau mondial, dans la zone euro, qu'en Grèce, ont fait l'objet des entretiens vendredi à Francfort du premier ministre, Costas Caramanlis, avec le président de la Banque Centrale Européenne, Jean-Claude Trichet, et son vice-président, Loukas Papadimos.

S'adressant à la presse, à l'issue de la rencontre, M. Caramanlis a souligné que les développements dans l'économie mondiale sont sans précédents pour l'époque d'après-guerre, insistant sur le fait que la coïncidence d'une importante crise financière - démarré à partir du marché des prêts immobiliers aux Etats-Unis - et la forte hausse de l'inflation mondiale constitue un mélange particulièrement dangereux pour la plupart des pays du monde.

Le premier ministre grec a encore mis l'accent sur le fait que "les répercussions de la crise financière sont arrivées en Europe via les relations d'interdépendance existant dans la société contemporaine, et ont entraîné des problèmes de liquidité sur le marché interbancaire européen et dans le fonctionnement des banques européennes".

M. Caramanlis a exprimé toutefois sa satisfaction au sujet de la coordination et de la résolution dont a fait preuve la direction de l'UE ces derniers jours.

"Nous avons adopté un large programme qui inclut une série de mesures dont l'objectif vise à rétablir la confiance des citoyens et des investisseurs dans le système bancaire", a-t-il insisté tout en mettant l'accent sur le fait que ce projet garantit la liquidité des banques de sorte à ce qu'elles puissent continuer à tenir leur rôle.

En ce qui concerne le rôle de la Banque Centrale Européenne, M. Caramanlis a observé qu'il est particulièrement positif puisque sous les directives de son président Jean-Claude Trichet, la BCE a très rapidement mis à la disposition des banques d'importantes liquidités.

"La BCE a prouvé qu'elle a pleinement conscience de l'importance de son rôle dans l'évolution de l'économie européenne", a affirmé M. Caramanlis qui s'est déclaré convaincu que "la BCE, en collaboration avec les gouvernements de l'UE, continuera à contribuer de façon décisive à l'amélioration du niveau de vie de l'Europe et de ses citoyens".

Il a encore déclaré avoir informé M. Trichet des décisions du gouvernement grec et plus particulièrement de l'amendement législatif présenté au Parlement qui prévoit que le montant minimum de garantie bancaire des dépôts des particuliers sera de 100.000 euros ainsi que de l'engagement du gouvernement quant à la garantie de tous les dépôts bancaires des particuliers.

M. Caramanlis a également informé M. Trichet du programme de renforcement du système financier grec qui offre les garanties nécessaires pour les prêts à moyen terme des organismes bancaires, tout en insistant sur la nécessité d'aider les couches les plus faibles de la société. Il a indiqué que le gouverneur de la Banque de Grèce, Georgios Provopoulos, est en contact constant avec la Banque de Francfort.

M. Caramanlis est le seul chef de gouvernement européen à s'afficher ouvertement en compagnie de M. Trichet, la plupart préférant la discrétion en ce temps d'antagonisme entre la politique financière de la BCE et les politiques économiques nationales, les secondes profitant de la crise pour s'offrir quelques libertés dans la tenue de leur budget au détriment de la rigueur demandée par la BCE.

Le premier ministre était accompagné du ministre des AE, Dora Bakoyannis, du ministre de l'Eco&Fin, Georges Alogoskoufis, du ministre d'Etat, Theodoros Roussopoulos, et de l'ambassadeur de Grèce en Allemagne, Tassos Kriekoukis.

i-GR/ANA-MPA

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