Kouchner apporte son soutien à la Grèce pour la recherche d'une solution au problème de la FYROM

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La Grèce ne relâche pas la pression diplomatique sur son voisin de Skopje afin de l'amener à fléchir son intransigeance sur la question de l'appellation internationale définitive de l'ancienne république yougoslave de Macédoine (reconnue depuis son indépendance en 1991 sous l'acronyme anglais FYROM). Ainsi mercredi, le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, recevant à Paris son homologue grec, Dora Bakoyannis, a estimé que la proposition grecque la plus récente "est un pas en avant et une raison supplémentaire pour accorder notre soutien". A son retour à Athènes, Mme Bakoyannis, s'adressant aux ambassadeurs des Etats arabes, a insisté sur la nécessité d'une solution mutuellement acceptée.

PARIS - S'adressant aux journalistes présents après le dîner offert en l'honneur de Mme Bakoyannis, M. Kouchner a qualifié son invité « de véritable amie et pas seulement au sens diplomatique du terme. »

Le ministre français a précisé avoir évoqué avec le chef de la diplomatie hellénique l'amitié bilatérale mais aussi la question du nom de la FYROM, et affirmé que « nous soutenons nos amis grecs, leur proposition la plus récente est un pas en avant et une raison supplémentaire pour accorder notre soutien ».

Mme Bakoyannis a déclaré de son côté que la France et la Grèce ont des points de vue très proches ainsi qu'une collaboration étroite sur de nombreux sujets et remercié la France pour son aide lors des incendies dévastateurs de cet été.

ATHENES - Le ministre des Affaires étrangères, Dora Bakoyannis, a insisté sur la nécessité d'une solution mutuellement acceptée sur le nom de la FYROM, invitée à commenter jeudi l'intervention la veille du secrétaire d'Etat adjoint américain chargé des Affaires politiques, Nicholas Burns, devant le Congrès américain sur l'évolution des relations grecoaméricaines.

"Personne ne souhaite se trouver dans la nécessité d'opposer son veto, c'est pour cela que des solutions mutuellement acceptées sont nécessaires", a affirmé Mme Bakoyannis, souhaitant dire encore une fois que "sur la base des décisions que nous avons prises au Conseil de sécurité et de l' Accord intermédiaire , l'objectif est de rechercher une appellation mutuellement acceptée afin que - en respect des relations de bon voisinage - la marche de Skopje à l'UE et l'OTAN progresse sans encombres. Les relations de bon voisinage, en outre, constituent un critère fondamental pour toutes les relations de partenariat et d'alliance. C'est là l'objectif de la Grèce, c'est dans cette voie que nous évoluerons, et le préalable - je le répète - est d'obtenir une solution mutuellement acceptée sur la question du nom".

Mme Bakoyannis a procédé à cette déclaration en marge du déjeuner qu'elle a offert jeudi aux ambassadeurs des Etats arabes accrédités en Grèce - plus précisément les ambassadeurs de Syrie, Algérie, Irak, Egypte, Koweit, Tunisie, Palestine, Jordanie, Liban, Maroc, Libye, Arabie saoudite, Qatar.

A l'ordre du jour des entretiens lors de ce déjeuner, les développements en Méditerranée du Sud-Est, avec en priorité le Proche-Orient.

Caramanlis : Il n'y a aucun changement de position concernant l'appellation de Skopje

"Il n'y a aucun changement de position en ce qui concerne la question de l'appellation de Skopje et notre objectif reste une solution acceptée en commun", a réaffirmé le premier ministre, Costas Caramanlis, répondant vendredi à une question du président du LAOS, Georgios Karadzaféris, dans le cadre de "l'Heure du premier ministre, tout en ajoutant que le gouvernement agit avec responsabilité et en suivant une ligne très claire. "Les questions nationales, dans tous les cas, exigent une responsabilité politique et nationale profonde et ne peuvent être influencées par des intérêts de parti", a-t-il encore ajouté. Il a en outre adressé un message au pays voisin et insisté sur le fait que "la persistance dans l'intransigeance ne permet pas de construire des relations d'alliance. La FYROM doit montrer dans les actes qu'elle peut et veut être un allié et un partenaire".

Par ailleurs, le premier ministre a affirmé que "le Parlement peut ratifier un éventuel accord avec la FYROM sur la question du nom", tout en qualifiant d'erronée et dangereuse la conception selon laquelle la procédure parlementaire, prévue par la Constitution du pays, n'exclut pas le choix d'autres procédures, comme celui du référendum. "Le Parlement, si et lorsque une solution finale sera apportée, peut faire face efficacement à ses propres responsabilités", a-t-il dit.

Il a encore rappelé que les concertations entre Athènes et Skopje durent depuis environ 15 ans en vue de trouver une solution acceptée en commun sur la base d'une appellation composée, affirmant qu'"il n'y a aucun changement de position, uniquement un état d'esprit sincère, résolu et constructif. Ces longues concertations sont entrées dans une nouvelle phase importante". "Seule une solution définitive et acceptée mutuellement, seul le respect concret des résolutions et des principes de bon voisinage peuvent ouvrir la voie et garantir des possibilités objectives pour des relations d'alliance, des relations de partenariat, de solidarité avec le pays voisin. Il n'existe pas d'autre voie pour l'intégration du pays voisin aux organismes euroatlantiques", a-t-il affirmé.

De son côté, M. Karadzaféris a qualifié de recul par rapport à la position initiale du gouvernement le fait que le ministre des Affaires étrangères évoque la possibilité d'une appellation composée. M. Karatzaferis qui demande la tenue d'un référendum sur la question de la FYROM a demandé qu'une loi soit déposée prévoyant que l'élargissement de l'Europe passe par la ratification du peuple et non par celle du Parlement.

i-GR/ANA-MPA

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