L'incendie près d'Athènes maîtrisé. Bilan écologique catastrophique

Le mont Parnès (Parnitha) est toujours surveillé par les pompiers grecs, mais l'important incendie qui a ravagé le mont à 50km au nord d'Athènes, a été largement circonscrit, a déclaré le ministre de l'Ordre public, Vyron Polydoras, à l'issue d'une réunion convoquée vendredi soir par le premier ministre, Costas Caramanlis. Un bilan de la situation des incendies en Thessalie, Rhodes, La Canée et Sithonia a également été établi. Une première réunion d'urgence avait déjà eu lieu dès 6h30 vendredi matin. On en a décompté jusqu'à 50 incendies à travers le pays dans les 24 dernières heures faisant suite à la canicule record de mardi dernier.

M. Polydoras a encore indiqué que les services et les forces des sapeurs-pompiers restent en état d'alerte car les risques d'une reprise de l'incendie sont grands, soulignant que les pompiers luttent contre le feu au Parnès dans la région du Monastère Kleiston et de la Grotte de Pan.

Il a en outre affirmé qu'il n'y avait eu aucun retard dans les interventions contre les incendies précisant que le Secrétaire général de la Protection civile est en communication constante avec le commandant des pompiers, démentant ainsi des rumeurs quant à un désaccord entre les deux hommes.

Le premier ministre, Costas Caramanlis, avait déjà convoqué vendredi matin à 6 heures 30 une réunion de crise avec les ministres compétents pour évaluer la situation sur le front des feux de forêts et particulièrement sur celui du Parnès aux portes de la capitale.

L'incendie du Parnès vue du Pirée

Les flammes menaçantes éclairaient toute la nuit le ciel athénien, visibles même dépuis le port du Pirée.

L'intensité du vent avait accéléré la propagation du feu sur les différents fronts. L'hésitation des pompiers à déverser de l'eau sur les lignes de haute tension qui traversaient la zone incendiée du Parnès, à Dervenochoria, a donné le temps nécessaire au feu de s'étendre sur un front large, mais le nombre important de départs de feu, entre 15h00 et 18h00 la veille, apparaît suspect aux yeux des autorités.

Le ministre s'est cependant félicité que les forces de lutte contre l'incendie aient réussi à empêcher le feu de descendre au pied du Parnès, vers la route et les zones d'habitation. La pluie est venu soulager les pompiers vendredi après-midi, mais les risques de recrudescence sont encore réels. Plusieurs unités de pompiers et 300 militaires surveillent la région. Samedi matin, on notait encore quelques foyers sur les lieux-dits de Keramidi, à Ai Giorgis et à Stefani.

Le leader de l'opposition et président du PASOK, Georges Papandréou, s'est rendu sur la région sinistrée du Parnèse, une fois informé par les autorités sur place, s'est exclamé "écoutons les plaintes du maire, des députés, des acteurs locaux, une indignation justifiée par la catastrophe biblique qui est devant nous".

Cerf rouge du Parnès

Un des cerfs rouges qui peuplaient la pinède émerge des cendres.

Les dégâts écologiques sont immenses. La pinède du Parnès était une des rares forêts aux portes d'Athènes à échapper aux incendies des années passées. Outres les pins, dont certains centenaires, le Parnès hébergeait une grande variété de cendres et était apprécié pour la richesse de sa flore. Quelques 450 cerfs rouges y vivaient, dont on n'a désormais plus trace. Les premières estimations font état de 80% de la pinède détruit par le feu, soit 25.000 hectares. Les environnementalistes craignent que la disparition de la forêt du Parnès ait des conséquences immédiates sur le microclimat d'Athènes, ville qui compte déjà une importante pollution atmosphérique et qui pourrait souffrir d'une hausse de la température moyenne.

Même si les dégâts semblent moins importants, les conséquences devraient être également importantes au mont Pilion où l'on évalue à 20.000 hectares la surface réduite en cendres. Le mont Pilion est réputé pour sa verdure et ses platanes centenaires. Dans les villages de Neochori, Kalamaki et Milies, le feu est toujours menaçant mais semblait sous contrôle samedi matin.

A Larissa, les feux de Agia et de Meloivia sont également en recul. Enfin, à Chania, à l'Ouest de Crète, près du lieu-dit Selinio, le feu serait désormais maîtrisé épargnant les oliveraies et les vignes voisines.

Au total, un premier bilan fait état de 50 incendies dans les 24 dernières heures faisant suite à la canicule record tant par l'intensité que par la durée. Le thermomètre avait grimpé jusqu'aux 47°C mardi. 44 de ces incendies étaient sous contrôle samedi matin.

i-GR/ANA-MPA

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