Papandreou attribue la responsabilité de l'attentat terroriste au gouvernement

papandreou veroia

"Les responsabilités de la ND et du premier ministre lui-même dans l'affaire du terrorisme sont immenses", a dénoncé le président du PASOK, Yorgos Papandreou, qui a accusé le gouvernement d'avoir assujetti la police, l'armée et le service anti-terroriste dans un discours prononcé dimanche à Veria (Centre-Nord de la Grèce) au cours d'une réunion de cadres du parti socialiste, alors qu'à Athènes, les enquêteurs tentent d'établir le profil des auteurs de l'attentat perpétrée vendredi contre l'ambassade des Etats-Unis en Grèce.

S'agissant de l'attaque à la roquette contre l'ambassade américaine, M. Papandreou a souligné que "celle-ci avait permis de révéler la conception de la ND (Nea Dimokratia, parti conservateur au gouvernement, ndlr), une conception selon laquelle l'Etat lui appartient pour servir ses propres enfants, alors que tous les citoyens doivent être égaux devant la loi" ; une conception "tellement souveraine au sein de la ND, que des secteurs vitaux -de l'armée à la police et bien entendu le service anti-terroriste- y ont été assujettis", a dit encore le leader socialiste répétant ses accusations à la ND de ne s'occuper que d'intérêts partisans, de rendre service à ses électeurs et aux hommes d'affaires.

Enfin, pour M. Papandreou, "la ND craint les élections législatives car pendant trois ans le peuple a pu constater les problèmes causés par sa politique".

"Papandreou s'use dans une démagogie irresponsable", a répliqué le porte-parole par intérim du gouvernement, Evangelos Antonaros.

M. Papandreou intervenait dans une préfecture acquise à son parti mais dans une région où le parti socialiste accuse un retard important face à Nea Dimokratia comme le montrait un sondage réalisé par l'Institut KAPA Research pour le compte du journal de Thessalonique Aggelioforos tis Kyriakis et selon lequel la ND conserve un avantage de 7,9% par rapport au PASOK dans le nord de la Grèce. Dans les intentions de vote, la ND rassemble 39,9%, le PASOK 32%, le KKE 6,2%, Synaspismos 2,4% et le LAOS 6,1%. Seul 1,7% des interrogés déclare vouloir voter pour un autre parti, tandis que 11,7% des sondés restent indécis.

Concernant l'enquête sur l'attentat à la roquette contre l'ambassade américaine à Athènes vendredi dernier, l'attention se focalise sur le "profiling" des auteurs avec les enquêteurs tentant d'exploiter les différents indices, les enregistrements des caméras vidéo et les dépositions de témoins.

Selon les premières estimations, deux hommes et une femme, entre 25 et 35 ans, auraient participé à l'attentat. Il s'agirait des jeunes recrutés par la 17N peu avant son démantèlement en 2004 ou en tout cas d'une organisation qui ambitionne de se placer comme le continuateur de la guérilla urbaine et employant la même phraséologie dans ses revendications. Les autorités s'inquiètent des éventuelles connexions internationales des terroristes grecs.

La rouquette utilisée, un modèle RPG-7 de fabrication chinoise à partir d'un prototype soviétique, est utilisée pour la première fois en Grèce. Elle n'aurait pu être volée dans les entrepôts de l'armée grecque (selon un précédent de la 17N) puisqu'elle n'est pas utilisée par l'armée. D'un maniement facile et d'une efficacité certaine, ce modèle est en revanche souvent rencontré dans les mains du Hezbollah ou des talibans afghans.

Autre motif d'inquiétude, le conditionnement de cette arme sur le marché clandestin où elle est vendue par lots de huit unités, ce qui fait craindre que le groupe qui a opéré à l'ambassade américaine dispose encore de sept rouquettes qu'il pourrait utiliser dans ses prochaines actions.

i-GR/NA-MPA

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