Violents incidents lors de la manifestation des étudiants jeudi à Athènes. Le ministre de l’Education sur la sellette

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D’importants épisodes violents ont émaillé la manifestation étudiante qui a eu lieu jeudi au centre d’Athènes à l’appel de différentes organisations estudiantines et professorales pour contrer le projet de reforme de la constitution devant ouvrir la voie aux établissements privés d’enseignement supérieur. Une dizaine de policiers et quatre étudiants ont été blessés tandis que 42 personnes ont été arrêtées et présentés au procureur. Toutefois, la médiatisation des incidents a tourné à l’avantage des protestataires ; le gouvernement pourrait retirer son projet, du moins le temps de rouvrir les universités occupées et d’assurer le déroulement des examens.


Malgré l’ordre initial donné aux policiers à ne pas répondre aux provocations, les nombreux jets de pierres et surtout de cocktails molotov ont fini par produire le résultat escompté par les casseurs qui s’étaient mêlés à la manifestation : des batailles de rue au corps à corps.

Commentant les incidents vendredi, le porte-parole par intérim du gouvernement, Evanghelos Antonaros, a estimé que ce mouvement dans l'enseignement supérieur avec occupations des locaux et manifestations de rues ne se justifie pas, le gouvernement ayant engagé un dialogue sur les reformes des universités avec les parties intéressées, prévu des financements supérieurs cette année à 10%, et ayant d'autre part pris position publiquement pour un enseignement dans le public qui soit comparable avec les meilleures universités à l'étranger.


Il paraît que l’éducation développe l’esprit critique qui a son tour affaiblit la force des symboles. Visiblement, ce n’est pas toujours le cas.
Un communiqué du ministère de l'Education a par ailleurs apporté des précisions à l'occasion des informations de presse publiées sur les mesures prévues dans le projet de loi concernant l'enseignement supérieur, pour insister que dès que le texte final de ce projet sera prêt il sera présenté aux associations d'étudiants et autres intéressés, la direction politique du ministère recommandant aux medias en particulier de contribuer positivement à une revalorisation qualitative des universités et de s'abstenir a utiliser des expressions exagérées sur une information fragmentaire (sic!) 

Par ailleurs, le président du PASOK (socialistes), Yorgos Papandreou, et la Secrétaire générale du KKE (communistes), Aleka Papariga, ont critiqué la politique du gouvernement en matière d'éducation lors de leurs entretiens vendredi au siège du KKE, M. Papandreou se disant inquiet de la façon dont le pouvoir gère la situation actuelle et s'engage sur la voie d'une dévalorisation des universités. Nous avons proposé, a-t-il dit, que le gouvernement présente ses idées, que le projet de loi ne soit pas voté pendant l'été mais que précède un dialogue sur une stratégie nationale pour l'enseignement.

Mme Papariga a déclaré son soutien total aux mobilisations des étudiants et professeurs, appelant à à un front contre les universités privées mais aussi contre le fonctionnement des instituts publics de l'enseignement supérieur sur des critères du privé. Mme Papariga a demandé que ce projet ne soit pas déposé au Parlement, le KKE étant par ailleurs entièrement en désaccord avec son contenu.

Enfin, les comités étudiants des facultés occupées se sont réunis vendredi à Athènes pour dénoncer les violences policières, demandant la démission du ministre, Marietta Giannakou, et du chef de la Police hellénique voire même du ministre de l'Ordre public, et se mettant d'accord pour la poursuite de leurs mobilisations. Reste prévu dans la soirée l'encerclement du Parlement.

Selon l’édition du samedi du quotidien athénien To Vima, proche des socialistes, le gouvernement serait en train d’étudier le report de la présentation du projet de loi au Parlement en octobre malgré la volonté du ministre de l’Education, Mme Giannakou, de faire voter son texte durant la session estivale de la Chambre grecque.

i-GR/ANA-MPA

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