Les titres de propriété des marbres du Parthénon au centre du différent greco-britannique.

Le dialogue entre le ministère grec de la Culture et le British Museum s'est poursuivi encore cette semaine, par communiquées et interviews interposées. La Grèce, à l'approche des Jeux Olympiques de l'été 2004, intensifié sa pression pour récupérer sous une forme ou une autre les frises enlevées au Parthénon par lord Elgin au début du 19e siècle et exposées depuis au British Museum. La reconnaissance de la propriété britannique des frises est un obstacle majeur dans la réalisation du rêve grec: exposer (à défaut de récupérer) les marbres au moment des JO dans le Nouveau Musée de l'Acropole, en cours de construction.


Pour tourner court au rumeurs, dans la dernière édition du "Sunday Times", le directeur du British Museum, Neil MacGregor, affirme que le musée n'a aucune concertation secrète avec les autorités grecques concernant le prêt des Frises du Parthénon. "Le gouvernement grec", poursuit M. MacGregor, "a reconnu que le British Museum détient les titres de propriété des Frises et ne soulève désormais plus aucun désaccord quant à leur propriétaire". M. MacGregor reconnaît, toutefois, que "le gouvernement grec a demandé à deux reprises le transfert des Frises du Parthénon pour être exposées au Nouveau Musée de l'Acropole, la première lors de la visite de M. Venizelos en novembre 2002 à Londres et la seconde au cours de la réunion de l'UNESCO en mars dernier".

Le ministre grec de la Culture, Evanghelos Venizelos, a répliqué dès lundi que le gouvernement grec n'a jamais déclaré reconnaître les titres de propriété du British Museum concernant les Frises du Parthénon tout en précisant que la le retour des Frises du Parthénon pourrait avoir lieu soit sous la forme d'un prêt à long terme soit - ce qui, du moins publiquement, est nouveau - sous la forme d'un département du British Muséum au sein du nouveau Musée de l'Acropole.

Ce serait justement sur ce point que les négociations bloquent ; la proposition de M. Venizelos étant perçue par les Britanniques comme un marché des dupes, les marbres prêtés, même pour une exposition courte à l'occasion des JO, risquant de ne jamais ressortir de Grèce. Selon nos informations, la seule option à l'étude au Bristish Museum serait une exposition virtuelle de la collection des antiquités grecques, tandis que les Grecs essaient de convaincre les responsables du Musée en promettant l'organisation d'importantes expositions d'autres antiquités grecques au British Museum ainsi que dans d'autres musées régionaux au Royaume Uni.

M. Venizelos soutinet, lui, la proposition soumise par le gouvernement grec est réaliste. "Elle a un caractère culturel universel, elle respecte les sensibilités de la partie britannique, mais avant tout le monument du Parthénon lui-même", a dit le ministre grec qui a aussi assuré que la Grèce ne souhaite pas créer un sujet juridique sur la propriété des marbres.

Cependant, le directeur du British Museum souligne dans l'article du "Sunday Times" que les représentants du musée ont signifié à leurs interlocuteurs grecs ne pas pouvoir négocier sur la base de leur demandes car ils estiment que le public pourra mieux admirer et comprendre les marbres du Parthénon en les voyant dans deux cadres différents, c'est à dire dans le cadre de la civilisation antique d'Athènes et dans le cadre de la civilisation mondiale de Londres.

Les 56 marbres en question, ensemble avec 12 statues, formaient au Ve siècle av. J.-C. la frise est du Parthénon. Le gouvernement grec a entrepris la construction d'un nouveau musée aux pieds de l'Acropole, spécialement destiné à accueillir la collection britannique. Un projet controversé en Grèce même, y compris parmi les archéologues.

Deux plaintes doivent, par ailleurs, être examinées par la justice grecque courant octobre prochain, une des habitants du quartier, et une autre d'une organisation internationale non-gouvernementale, le Conseil International des Monuments et des Sites. Les deux soutiennent que la construction du nouveau Musée causera des dommages irréparables sur le site de l'Acropole et les autres antiquités qui se trouvent encore sous le sol du site.

Il n'est pas exclu qu'en l'absence d'avancées significatives dans les négociations greco-britanniques d'ici là, une décision négative de la Cour de justice rende finalement service au gouvernement grec qui, sans autre excuse pour annuler le projet de construction, risque de se trouver au moment des JO d'Athènes en août 2004 soit avec un musée encore en chantier soit avec un musée flambant neuf mais vide.

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