UE et Etats-Unis : premières retrouvailles

simitis bush

Malgré la récente crise qui a caractérisé les relations UE-USA ces derniers mois, les deux parties ambitionnent de développer leur coopération et de renforcer les relations transatlantique, afin de convaincre aussi l'opinion publique que cette relation fonctionne et qu’elle donnera des résultats positifs pour les citoyens de l’Union Européenne et des USA, souligne la Commission européenne dans un communique publié lundi en vue du Sommet UE-USA le 25 juin à Washington. De son côté l'ancien ambassadeur des Etats-Unis à l'ONU, Richard Holbrooke, dans une interview accordée la semaine dernière à l’Agence Athénienne de Presse (ANA) estime que L'Europe et les Etats-Unis sont obligés de revenir à l’état de leurs relations harmonieuses de l'avant-Irak.


Dans son communiqué, la Commission précise que la rencontre au sommet donnera lieu à l'examen des grandes questions internationales, telles que le Proche-Orient et l'Irak, la lutte contre le terrorisme international, la non-prolifération des armes de destruction massive, mais aussi la coopération judiciaire et les relations commerciales et économiques bilatérales.

Les spécialistes attendent avec grand intérêt la signature de l'accord d'assistance judiciaire mutuelle et les accords d’extradition entre l'UE et les USA, de même que l'ouverture des négociations en vue de la création d'un "Espace aérien transatlantique ouvert". Une déclaration pour une initiative commune contre la prolifération des armes de destruction massive devrait également avoir lieu ; enfin, les deux parties devaient étudier la coordination des actions pour la promotion de "l’économie de l’hydrogène" en tant que source d’énergie alternative.

Selon le programme officiel, le Sommet s'ouvrira par une rencontre séparée du président américain, George Bush, avec le premier ministre et président en exercice de l'UE, Costas Simitis, et le président de la Commission européenne, Romano Prodi, axée essentiellement sur la coordination des deux parties pour la mise en application de la Feuille de route du Quartet (UE, ONU, USA, Russie) pour la paix au Proche-Orient.

A Athènes,le porte-parole du gouvernement, Christos Protopapas, a dit que "[nous] attendons beaucoup de cette rencontre, car nous nous trouvons au début d'une nouvelle ère dans la relation de partenariat stratégique UE-USA après une période agitée''. Il a assuré que la volonté unanime des dirigeants de l'UE allait dans ce sens.

Côté grec on espère aussi que la question chypriote pourra être abordée à l’occasion de ces entretiens.

Richard Holbrooke : le crédit de MM. Bush et Blair sera entamé s'il s’avère qu'ils ont trompe leur opinion publique

Dans une interview accordée à l'ANA, peu avant le Conseil européen de Thessalonique et en vue du Sommet UE-USA et de la rencontre Simitis-Bush à Washington, l'ancien ambassadeur des Etats-Unis à l'ONU, Richard Holbrooke estime que l'Europe et les Etats-Unis ne peuvent que revenir à leurs relations harmonieuses d'avant la guerre en Irak afin de coopérer et faire face efficacement à leurs menaces communes.

Invité à juger les performances de la présidence grecque de l'UE pendant ces mois difficiles pour les relations euro-atlantiques, M. Holbrooke a estimé qu'"au vu de la tension incroyable entre les Etats-Unis et l'Europe, le gouvernement grec a suivi une marche extrêmement ingénieuse et il a évité de s'impliquer dans le drame personnel qui s'est déroulé dans les relations americano-françaises et americano-allemandes. Je dirais qu'il y a eu une gestion très habile de la part du Premier ministre Simitis et du ministre des Affaires étrangères Papandreou".

M. Holbrooke – qui est un des ténors du Parti démocrate en matière de politique étrangère - a exprimé son soutien à la guerre et au renversement de Saddam Hussein, mais il a averti que "le crédit de MM. Bush et Blair sera entamé s'il s’avère qu'ils ont trompe leur opinion publique sur l'existence d'armes de destruction massive, avec des conséquences graves sur leur capacité à gérer à l'avenir les cas de l'Iran et de la Corée du Nord".

Enfin, M. Holbrooke, a estimé qu'il était erroné d'envisager des ''punitions'' d’alliés des Etats-Unis, tels que la France en raison de leur attitude au Conseil de sécurité de l'ONU sur l'Irak – comme le souhaiteraient certains cadres de l'administration américaine -, mais il a soutenu d’autre part que l'Europe n'est pas à même de jouer un rôle substantiel au Proche-Orient.

i-GR/ANA

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