Elections présidentielles en milieu des négociations sur l'avenir de Chypre

markides

640.000 habitants (sans compter les chyproturcs vivant dans la partie occupée de l'île) et dix candidats pour la présidence de la République de Chypre ! Il n'y a pas de doute que la démocratie se porte bien dans le petit Etat qui vient de se joindre à l'Union Européenne. Et ce en pleines négociations sur son futur statut visant la réunification avec la communauté chypriote-turque, actuellement sous le dictat turc.

Les élections chypriotes doivent avoir lieu le 16 février, tandis que l'ONU espère toujours que la communauté turco-chypriote parviendra à un accord avec la République de Chypre avant le 28 février. "De l'obscurité et de l'incertitude", a prévenu ce week-end, dans une interview au quotidien Ta Nea, l'envoyé spécial du Secrétaire général des Nations Unies, Alvaro de Soto, en cas de désaccord.

C'est dire que le climat de ces élections en Chypre revêt une importance particulière et que la stratégie des chypriotes grecs dans les négociations se trouve au centre des programmes électoraux, bien qu'il n'y ait pas des grandes différences entre les différents partis qui se retrouvaient de toute façon tout au long des négociations au sein du Conseil National autour du Président sortant Glafkos Clerides.

Glafkos Clerides justement qui comptait ne pas se représenter si les négociations étaient achevées, comme espéré, en automne dernier. Mais l'intransigeance de la diplomatie du leader chyproturc Raouf Denktash et de la Turquie, qui se croyait bien armée du soutien du gouvernement grec pour négocier une date de début des négociations pour sa propre adhésion à l'Union Européenne en décembre dernier, ont fait que les négociations chypriotes traînent à nouveau en longueur avec le risque d'une nouvelle impasse en cas de désaccord dans la présente phase.

Soutenu par le parti de l'Alerte Démocratique (DISY, droite) et EDI (de Georges Vassileiou), Clerides a dit ne se représenter que pour une période de 16 mois, dans l'espoir de mener les négociations à leur terme. Mais il doit compter avec son conseiller juridique sur les négociations du dossier turco-chypriote et procureur général de Chypre, Alekos Markides qui a annoncé une candidature indépendante, contre l'avis du parti (DISY, le même que Clerides !).

A gauche, c'est Tassos Papadopoulos qui va disputer les élections, soutenu par l'AKEL (ex-parti communiste, deuxième parti du pays), ainsi que par le DIKO et le KISOS.

Le parti de Neoi Orizontes (Nouveaux horizons), présente, lui, Nikos Koutsou.

Andreas Efstratiou, un abonné à toutes les élections, sera de nouveau présent. L'avocat Christos Iossifides, le compositeur Antonis Katsantonis, l'humoriste Giorgos Mavrogennis et, enfin, le disciple de Platon, soutenant le programme de la Cité de l'illustre ancêtre, Costas Georgiou, composent le reste des choix offerts aux chypriotes.

Côté chyproturcs, dans l'autoproclamée République turque de Chypre du Nord, pas d'élections en vue, mais l'indéboulonnable Raouf Denktash, risque de l'être un peu moins depuis qu'il n'est plus en grâce avec le gouvernement d'Ankara et que la contestation populaire des dernières semaines réclame ouvertement son départ.

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