Avenir de Chypre: crise sur la ligne turque

erdogan chirac

La Turquie semble enfin vouloir en finir avec 30 ans d'impasse sur la question de l'occupation et de la division de l'île de Chypre. Le chef du parti gouvernemental turc Recep Tayyip Erdogan a fait part de sa détermination à trouver un accord avec l'Etat de Chypre et il a vivement critiqué le chef chypriote turc Rauf Denktash, lors d'une interview télévisée sur une chaîne locale turque.


Recep Tayyip Erdogan a invité M. Denktash à négocier la réunification de l'île sur la base des propositions des Nations Unies qui envisagent l'avenir de Chypre sur le modèle des cantons suisses. Se déclarant opposé à la politique suivi sur l'affaire chypriote depuis 30 ans, M. Ergodan a estimé que Raouf Denktash n'a pas fait preuve de bonne volonté pour atteindre une solution et qu'il devait observer avec attention les récentes manifestations de rue contre sa politique. "Ce ne sont pas des affaires personnelles de Denktash", il a dit, "c'est la lutte pour l'existence de toute une nation" ; ce qui n'est pas forcement de meilleure augure, si par le changement de politique, il s'agit d'affirmer l'existence d'une nation chypriote-turcque.

Toutefois, le porte-parole du Président de la Turquie a souligné pour sa part le "rôle positif" de Denktash dans la reprise du dialogue sous les auspices de l'ONU.

D'origine islamiste, le nouvel homme fort de la Turquie cherche à affirmer son indépendance vis-à-vis du pouvoir militaire garant de la laïcité à la turque et dont il a à plusieurs reprises jusqu'ici subi les interdictions pesant à sa nomination même à la tête du gouvernement. Le porte-parole de la communauté turcomusulmane de Chypre Raouf Denktash à 78 ans et dirigeant l'Etat autoproclamé de la République turque de Chypre du Nord depuis l'invasion du nord de l'île par l'armée turque en 1974, pourrait faire les frais d'une redistribution des cartes du pouvoir au sein de l'exécutif turc.

M. Erdogan attend la levée des obstacles légaux pour devenir Premier ministre du gouvernement turc. Rebouté de sa demande d'une date de début des négociations pour l'adhésion de la Turquie dans l'Union Européenne lors du sommet du Conseil européen de Copenhague, il espère arriver à ses fins à l'occasion de la Présidence grecque de l'Union Européenne. Le Premier ministre grec Costas Simitis et son ministre des Affaires étrangères Giorgos Papandreou avaient clairement pris partie pour une adhésion rapide de la Turquie dans l'UE.

Bruxelles avait demandé le mois dernier aux Chypriotes grecs et turcs à conclure un accord sur l'île vers la fin de février, avant la signature du traité d'adhésion de Chypre à l'Union Européenne, même si cela ne constitue pas une condition, l'adhésion de Chypre étant acquise.

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