Des migrants atteignent la côte à bord d'un canot pneumatique surchargé, près de Skala Sikaminias, sur l'île de Lesbos, en Grèce, le 3 octobre 2015 (réédité le 3 septembre 2025)
En 2015, la photo d'Aylan Kurdi fait le tour du monde. Alors que la guerre civile fait rage en Syrie, le corps sans vie de ce garçon de 3 ans est retrouvé sur une plage de Bodrum, en Turquie, après le naufrage de l'embarcation avec laquelle sa famille tentait de rejoindre l'île grecque de Kos. Cette année-là, plus 800 000 réfugiés et migrants débarquent aux portes de l'Europe et 80 % d'entre eux transitent par la Grèce. "Cette crise a été vécue comme un véritable électrochoc pour l'opinion publique grecque et européenne", rappelle Georgia Dimari, politologue et spécialiste des questions migratoires à l'université de Crète. Par comparaison, l'afflux récent de plus de 60 000 migrants depuis le Maroc vers l'enclave espagnole de Ceuta, qui a coûté la vie à 72 personnes, a suscité un émoi passager.