Vue extérieure de Sainte-Sophie, gravure de Louis Haghe (1806-1885) publiée en 1852. The Stapleton Collection/ Bridgeman Images
CRITIQUE - L’histoire de la civilisation millénaire, de la fondation de Constantinople à la prise par les Ottomans, à travers un récit non chronologique mais pour autant fascinant. À lire comme une véritable saga.
Le 29 mai 1453, Constantinople tombe. Après plus de mille ans d'existence, l'Empire romain d'Orient s'efface sous les coups des Ottomans de Mehmed II. La ville est livrée au pillage pendant trois jours. Sainte Sophie devient une mosquée. Pour les contemporains, l'événement est immense. Pourtant, l'Occident avait depuis longtemps pris ses distances avec cette étrange civilisation, chrétienne, romaine et grecque, qu'il regardait avec un mélange de fascination et de condescendance.
C'est tout le mérite du beau livre de Judith Herrin, professeur émérite au King's College de Londres, que de faire sortir Byzance de cette longue disgrâce. Son Byzance, enfin traduit en français, n'est pas une histoire conventionnelle de l'Empire d'Orient. L'auteur procède par tableaux successifs : Constantinople, Sainte Sophie, le droit romain, les icônes, les eunuques, le feu grégeois, le mont Athos, les croisades, la chute de 1453 et même la fourchette, dont l'usage par une princesse byzantine scandalisa…