L’historien de l’art et philosophe revisite la notion de «racine» dans un essai inspiré de la visite du temple d’Apollon Epikourios, niché dans les montagnes du Péloponnèse. Il relit Heidegger et nous convie à une rêverie philosophique empreinte d’espoir
Nous sommes dans les montagnes arcadiennes, en Grèce, sur le chemin du temple d’Apollon Epikourios. «Epikourios» signifie «celui qui vient en aide» et qui «protège». Ce monument a été construit à 1130 mètres d’altitude, vers le milieu du Ve siècle av. J.-C. Oublié pendant 1700 ans, il a été redécouvert au XVIIIe siècle.
Durant l’ascension qui le mène au temple, l’historien de l’art Georges Didi-Huberman se souvient d’un texte du philosophe allemand Martin Heidegger, L’Origine de l’œuvre de l’art, né de conférences données à Fribourg-en-Brisgau et à Zurich en 1935. Heidegger, qui a adhéré à l’idéologie nazie, fantasme la Grèce comme le «sol natal» et la «racine» de l’Allemagne. Sa définition de l’origine de l’art sert un projet politique, «une refondation «historiale» ou spirituelle du peuple allemand». Le temple grec est présenté comme le «socle» de son «rassemblement».
Nous sommes dans les montagnes arcadiennes, en Grèce, sur le chemin du temple d'Apollon Epikourios. «Epikourios» signifie «celui qui vient en aide»…