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Milo Lévy-Bruhl : « En se moquant de noms juifs, Mélenchon a activé la dimension xénophobe de l’antisémitisme »

Publié dans Le Figaro le
Jean-Luc Mélenchon, fondateur de La France insoumise, lors d'un meeting à Bondy (Seine-Saint-Denis), mercredi 4 mars. Abdul Saboor / REUTERS
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Jean-Luc Mélenchon, fondateur de La France insoumise, lors d'un meeting à Bondy (Seine-Saint-Denis), mercredi 4 mars. Abdul Saboor / REUTERS

ENTRETIEN - Alors que le PS promet une rupture franche avec Jean-Luc Mélenchon, accusé pour la première fois d’antisémitisme par ses anciens partenaires, le spécialiste du socialisme français estime que cet événement préfigure « les reconfigurations de la gauche de l’après-Mélenchon ».

Milo Lévy-Bruhl est docteur en philosophie politique et expert associé à la Fondation Jean Jaurès. Spécialiste de Léon Blum et du socialisme français, il est l'auteur du Théâtre de Léon Blum  (Éditions de l'Aube, 2023).

LE FIGARO. - Le Parti socialiste  a-t-il raison de dénoncer « les caricatures complotistes et propos antisémites intolérables » de Jean-Luc Mélenchon ?

MILO LÉVY-BRUHL. - Le PS donne trois raisons à sa critique de LFI : son soutien réitéré à la Jeune garde, alors même qu'une partie de ses membres sont impliqués dans le meurtre de Quentin Deranque ; le complotisme ; et enfin les propos antisémites. Mélenchon étant coutumier des propos complotistes et antisémites, c'est sans doute l'affaire de Lyon qui motive véritablement la critique.

Reste que, pour la première fois, le PS condamne officiellement l'antisémitisme de Mélenchon. Ses multiples déclarations sur le « peuple déicide » ou qui a « horreur du mélange » ou sur les juifs « arrogants » du Crif…